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15/01/2007

Du côté de chez Frankie...

Frankie est d'humeur joyeuse : depuis le 11 décembre 2006, date de création du blog, les visiteurs ont triplé ; aussi, il lui a semblé judicieux de faire faire un petit tour aux nouveaux venus.

medium_image_blog_presentation.2.jpgFrankie a eu 44 ans en 2006 ! Elle a un peu déblatéré sur le mariage, le formatage, les copines et leurs marmots ; mais le 31 décembre, il s'est trouvé qu'elle avait mieux à faire que de regarder "Autant en emporte le vent"  !

Frankie s'est baladée au pays des célibataires dans un monde de clics, de chats, de flashs, de meetshakes, de profils, de souris, bref un monde virtuel à souhait  où les matous ont des états d'âme. Conclusion : rien ne remplacera jamais la bonne vraie rencontre au coinmedium_loustal_soleilsdenuit.2.jpg de la rue ou au café d'en bas !

 

Lorsque Frankie se tait, c'est pour laisser parler un medium_borges.2.jpggrand écrivain : Jorge Luis Borges.medium_Joggeuse.jpg

Run, Frankie, run... Et ça continue !

 

 

Ce qui ne l'empêche pas de faire son cinéma !

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Lorsque Frankie passe la nuit avec Omar Khayyam, elle le doit à Amin Maalouf !

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medium_weareinvisible.2.jpgNe cherchez pas : c'est le soir où Frankie, après s'être fait botter les fesses par une fée Carabosse déguisée en BO.BO, s'est rendue compte qu'elle n'était personne !

Du coup, ça lui a donné du courage pour faire sa déclaration à un écrivain qu'elle admire depuis toujours, Michel del Castillo !medium_Michel_del_Castillo_2.3.jpg

Au 31 medium_youpy.2.gifdécembre, Frankie a fait le bilan : émotions 2006, espoirs 2007...medium_affichevoeu.2.jpg

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L'année a commencé comme ça pour Frankie ! C'était l'occasion de se pencher sur l'origine des voeux que nous échangeons dès minuit.

 

Frankie a tellement eu peur qu'on lui prenne sa place qu'elle s'est remise au boulot le 06 janvier. Un petit voyage chez Miss Wharton. Sacrée bonne femme : prix Pulitzer en medium_Edith_warthon.jpg1920 pour "Le temps de l'innocence, faite docteur Honoris Causa par l'université de Yale en 1923. Son mentor et ami : Henry James. Ses admirateurs : London, Conrad et Fitzgerald. Parler de l'adaptation du "Temps de l'Innocence" par Scorsese fut un pur bonheur.

medium_390504.3.jpgSlogan qui semble collé à notre société moderne. Frankie s'est interrogée sur la célèbre phrase de Jean-Paul Sartre : l'enfer, c'est les autres !

Jusqu'aumedium_corto_maltese_la_cour_secrete_des_arcanes_0.2.jpg 11 janvier, notre Frankie se voulait chroniqueuse en image mais un petit voyage avec Corto Maltese dans l'univers initiatique d'Hugo Pratt l'a convaincue qu'il fallait mieux s'effacer !

 

 

 

08/01/2007

Frankie et le temps de l'innocence

medium_edith.jpgDans les récits d'Edith Wharton, tout comme ceux d’Henry James, son maître et fidèle correspondant, on a le sentiment que la plus grande aventure que vivent ses personnages consiste à passer d’une pièce à une autre. Pourtant ses admirateurs se nommaient London, Conrad et Francis Scott Fitzgerald, des écrivains pour qui l’aventure signifiait plus que cela. Leurs points communs : l’attention portée au style, les tempêtes qui se devinent sous le crâne de leurs héros et provoquent soit l’acte violent, soit un silence encore plus violent...

Et il n'y a pas de meilleur exemple que le film de Scorsese, "Le temps de l'innocence", adapté du roman éponyme de Wharton, pour étayer ce sujet.medium_affiche_temps.jpg

Dans le New York de 1870, puritain et élitiste, Newland Archer est sur le point de se fiancer avec la très policée May Welland, dans le but d’unir leurs deux familles. Mais son amour illégitime pour la troublante comtesse Olenska, décriée par tous pour son anti-conformisme, va ébranler la haute société.

Dans cette fresque intimiste et d'une sensibilité rare, Scorsese, avec ses qualités d'anthropologue qu'on lui connaît, nous livre une étude ciselée des codes et des traditions d'un "monde" en apparence paisible mais qui s'avère aussi perfide et cruel que certains milieux maffieux chers au réalisateur. A l'aide d'anecdotes finement choisies et avec cette subtilité et cet humour noir qui le caractérisent, Scorsese nous donne un film - proche du mode documentaire - qui nous emmène au coeur d'une société oubliée, là où les émotions sont cachées, refoulées et où les personnages se voient contraints d'accumuler les actes manqués. Le temps de l'innocence est une histoire violente : on n'y abat pas les victimes d'un coup de revolver mais on les élimine socialement de la pire façon qui soit : en les éradiquant.medium_2theageofinnocence7yx.3.jpg

C’est d’ailleurs tout ce qui fait la différence entre Newland Archer et la comtesse Olenska. Si Archer contestmedium_d_lewis.jpge les règles en privé, il n’osera jamais s’insurger en public, de peur de se faire expulser à jamais. C’est dans la lâcheté et le mensonge qu’il préférera mener son existence, aux côtés de la très belle mais très superficielle May Welland, passant ainsi à côté de de sa vie. Agé et résigné, la fin de son existence se résumera à se souvenir d'un coucher de soleil, image poignante d'un temps où le choix était à porté de main.medium_pont_temps.3.jpg Dernière image du film, douce amère comme un coucher de soleil  un soir d'automne.

Des thèmes que Scorsese connaît bien, comme le sentiment de culpabilité, la répression du désir et l’amour insatisfait. Daniel Day-Lewis, en dandy brimé, délivre ici une performance exceptionnelle. Ecorché vif, il porte sur ses épaules l’un des personnages du cinéma les plus complexes de ces dix dernières années. Et Michelle Pfeiffer, avec qui il forme un couple inoubliable mais utopique, a obtenu ici le rôle le plus intéressant de sa carrière.medium_martinscorcese.2.jpgmedium_photo_age_innocence.jpg

Scorsese a choisi une mise en scène classique tout en évitant le piège académique. Il ose tous les effets et toutes les transitions. L’originalité du film vient d’ailleurs du montage audacieux qui bouscule les images et leur donne un souffle euphorisant. Le résultat en est une œuvre résolument moderne, et sans doute le plus beau film de ce très grand réalisateur.

Il n’était pourtant pas aisé d’adapter l’une des œuvres les plus respectées du début du siècle et jugée par beaucoup de cinéastes comme étant tout simplement impossible à réaliser. 
C'est en 1920 que paraîtra  Le Temps de l'innocence, medium_warthon.2.gifpour lequel Edith Wharton recevra le prix Pulitzer. En 1923, elle sera la première femme à être faite Docteur honoris causa de l'Université de Yale. Mais elle pourrait aussi bien être un auteur de ce siècle et nous raconter une histoire similaire.

La vie nous désigne parfois le chemin du coeur mais - et ce quel que soit le siècle - la mécanique des conventions, l'esprit de clan et la convergence d'intérêts qui parvient à étouffer les différents,  nous amènent à sacrifier un chemin au profit d'un autre.

Et lorsque nous nous retournons, nous sommes tous un peu Newland Archer dans "the Age of innocence".

 
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