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12/02/2007

Eisenhower : un avertissement prophétique...

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Dans son discours d'adieu du 17 Janvier 1961, le président (et ancien général) Dwight Eisenhower avait averti les Américains que le lobby militaro-industriel pourrait faire planer un jour une menace sur la liberté et la démocratie:

"La présence simultanée d'un énorme secteur militaire et d'une vaste industrie de l'armement est un fait nouveau dans notre histoire. Cette combinaison de facteurs a des répercussions d'ordre politique, économique et même spirituel, perceptibles dans chacune de nos villes, dans les chambres législatives de chacun des États qui constituent notre pays, dans chaque bureau de l'administration fédérale. Certes, cette évolution répond à un besoin impérieux. Mais nous nous devons de comprendre ce qu'elle implique, car ses conséquences sont graves. Notre travail, nos ressources, nos moyens d'existence sont en jeu, et jusqu'à la structure même de notre société. Dans les organes politiques, nous devons veiller à empêcher le complexe militaro-industriel d'acquérir une influence injustifiée, qu'il l'ait ou non consciemment cherchée. Nous nous trouvons devant un risque réel, qui se maintiendra à l'avenir: qu'une concentration désastreuse de pouvoir en des mains dangereuses aille en s'affermissant.

Nous devons veiller à ne jamais laisser le poids de cette association de pouvoirs mettre en danger nos libertés ou nos procédures démocratiques. Nous devons nous garder contre le risque de considérer que tout va bien parce que c'est dans la nature même des choses. Seul un ensemble uni de citoyens vigilants et conscients réussira à obtenir que l'immense machine industrielle et militaire qu'est notre secteur de la défense nationale s'ajuste sans grincement à nos méthodes et à nos objectifs pacifiques, pour que la sécurité et la liberté puissent prospérer ensemble."

Quelques autres citations...

"Nous sommes à la veille d'une transformation globale. Tout ce dont nous avons besoin est la bonne crise majeure, et les nations vont accepter le Nouvel Ordre Mondial."

David Rockefeller, fondateur du Groupe de Bilderberg et de la Commission Trilatérale

"Si c'était une dictature, ce serait beaucoup plus facile, tant et aussi longtemps que je serais le dictateur."

George W. Bush, 12 décembre 2000

"Aujourd'hui, l'Amérique serait outrée si les troupes entraient dans Los Angeles pour restaurer l'ordre. Demain ils en seront reconnaissants! Ceci est particulièrement vrai s'il leur était dit qu'un danger extérieur, qu'il soit réel ou promulgué, menace leur existence. C'est alors que les peuples du monde demanderont à être délivrés de ce mal. L'unique chose que tous les hommes craignent est l'inconnu. Confrontés à ce scénario, les droits individuels seront volontairement abandonnés au profit de la garantie de leur bien-être assuré par le gouvernement mondial."

Henry Kissinger, à la réunion 1992 du Groupe de Bilderberg à Evian


A la question d’Elise Lucet (émission "Pièces à conviction" courant 2005 où Nicolas Sarkozy présentait les grandes lignes de son projet de loi contre le terrorisme) :

"Vous parliez des libertés individuelles. Les Français qui nous regardent, j’imagine, souhaitent aussi être rassurés là-dessus. Ils souhaitent qu’on lutte contre le terrorisme et que leurs libertés individuelles soient préservées. Qu’est-ce que vous leur dites ?"

Nicolas Sarkozy a répondu : "Ecoutez, la première des libertés c’est de pouvoir prendre le métro et le bus sans craindre pour sa vie, pour soi ou pour les membres de sa famille. Cela me paraît quand même plus important que tout le reste." 

Que pensez-vous de cette alternative ?

La planche 79 des " Désastres " de Francisco Goya : la fée de la Liberté est étendue morte sur le dos, poitrine exposée. Des personnages fantomatiques jouent autour du cadavre tandis que des moines creusent sa tombe. "Murió la verdad".  La vérité est morte. 

"(...) Nous ne trouverons jamais les réponses si nous ne pouvons pas poser les bonnes questions."

Daniel Estulin (commentateur politique espagnol)

 

 

19/01/2007

Censure, autocensure, et autres petits arrangements...

medium_auteur_logo.jpgFrankie vient de lire un papier très intéressant de Mister Mclane, URLeur invétéré, "Sots d'auteurs" ou comment revoir sa copie en quelques leçons si l'on veut que son scénar soit expurgé de toutes grossièretés et autres fantaisies annexes. Frankie ayant passé vingt ans de sa vie dans la grande "famille" du cinéma, et côtoyée la "belle-famille" télévisuelle, elle peut témoigner que la censure pernicieuse infligée aux auteurs ne date pas d'hier. Il y a une dizaine d'années, une jeune responsable adjointe du département fiction d'une chaîne nationale imposait déjà des thèmes "politiquement correct " ou comme le dit très justement Mclane "sociologiquement correct", laissant les auteurs jongler avec une crédibilité approximative. Sur un projet de saga familiale adapté d'un roman a succès, la petite nana de la fiction démontait allègrement les intrigues familiales sans tenir compte de la cohérence du récit (elle transformait le fils aîné en SDF, ou le fiancé de la soeur en homosexuel, ou encore faisait intervenir un personnage de couleur, et tout ça non pas pour véhiculer un message de tolérance, mais juste pour coller aux critères de la chaîne). Cette minette bardée de diplômes n'avait qu'un seul défaut : elle ne connaissait strictement rien au cinéma, encore moins à la télévision. Le producteur de la série, qui s'arrachait les cheveux devant tant de modifications abérrantes, a fini par faire appel à un de ses amis, grand nom du cinéma, hélas disparu aujourd’hui. Le sujet fut réécrit avec talent dans les directives socioculturelles que la chaîne avait définies, mais pour des raisons de cuisine interne, son nom ne fut pas dévoilé. La note de lecture qui fut rendue par la même petite nana, se terminait par ces mots : "Ce prétendu auteur devrait songer à se reconvertir. Il n'est pas fait pour ce métier". Il s'agissait de Claude Sautet. Et le scénario en question a fini à la poubelle.

medium_doublage.4.jpgQuant au problème de la censure et notamment celui que subit le doublage, même les acteurs en ont marre, c'est dire. Au nom de la sacro sainte bienséance, on en arrive à un point où "My god" n'est plus traduit correctement... Les Américains, redevenus puritains, ont des excuses : ils ont une foi inébranlable en leur nation et en leur dieu. Ce qui n'empêche pas leur câble de diffuser des séries telles que Oz ou Angels in America, séries pour le moins non angéliques. Mais nous, quelles excuses avons-nous ? Le talent est là (auteurs, acteurs, réalisateurs, producteurs) : alors comment se fait-il que l'on nous serve en permanence des séries aussi minables et que le public en redemande.

Là où cela devient critique, c'est l’autocensure que l'on s'inflige très souvent pour un tas de raison, mais dont le moteur est toujours le même : la peur d'être éradiqué d'un clan, d’une famille, ou de la société en général. Ca vous rappelle quelque chose : cliquez ici !

medium_16-Soiree-mondaine.jpgFrankie, de par son métier, a assisté à ces dîners où il est de bon ton d'avoir lu le dernier livre à la mode, vu le dernier film dont tout le monde parle, et aimé ce que tout le monde a aimé, mais si par malheur le sujet  tombe sur quelques icônes de l'intelligentsia parisienne type Beigbeder, ou Nothomb, pour ne citer qu'eux, et que Frankie fasse observer que le premier l’emmerde royalement et que la seconde aussi (pas pour les mêmes raisons), qu'elle préfére les écrivains dotés de la connaissance aux écrivains qui se cachent derrière leur savoir, dans certains cas il vaut mieux s'autocensurer si on ne veut pas se mettre tout ce petit monde à dos.

De la même façon, si le sujet vient à bifurquer (oh ! quel hasard) sur la politique et forcément sur les pré......lles, et que quelqu'un se tourne vers Frankie et lui dise : "Alors, tu sais pour qui tu vas voter?" (terrible ce sentiment d'angoisse qui semble animer nos concitoyens à l'idée d'aller voter) et qu'elle réponde "Cette fois-ci, je ne voterai pas !" C'est la déferlante. Les femmes : "Enfin, tu te rends compte de celles qui se sont battues pour avoir le droit de vote ?" Ou encore : "Tu sais quand même qu'il y a des pays où ce droit est refusé aux femmes ?" Là, Frankie s'énerve : Oui elle sait tout cela, elle sait même qu'il y a des pays ou personne ne vote ! Les hommes, eux, sont plus directs : "Vote blanc, au moins tu auras fait ton devoir !" Ou "Tu as vu ce qui s'est passé aux dernières présidentielles, c'est à cause de gens comme toi ! " Et là vous pouvez être sûrs que tous les regards sont tournés vers Frankie qui n'a qu'une envie c'est de leur dire : "Bande d’hypocrites : je ne vais pas culpabiliser parce que j'ai un droit de vote dont je ne me servirai pas pour des raisons qui me sont personnelles. Je ne voterai pas, en réaction médiatique, sous prétexte que l’imbécillité quotidienne gagne du terrain, ou je ne voterai pas car je ne me sens ni de droite, ni de gauche, que je n'aie jamais cru dans les extrêmes, et que je ne crois pas non plus à la récupération politique pratiquée sur les mômes pour les amener à mettre un bulletin dans l'urne. Et il y a une raison : c'est que tout ça ressemble étrangement à un deal. Ce qui se passe en haut est le reflet de ce qui se passe en bas." Or Frankie ne deale pas avec sa conscience, et elle n'a plus l'intention de dealer avec les gens, si bien qu'elle n'est plus obligée de s'autocensurer.

medium_censure.jpgMais là où nous atteignions le seuil d'alerte, c'est lorsque la censure tout court nous empêche d'avoir accès à l'information : le samedi 14 octobre 2006, la chaîne EuroNews a diffusé un reportage exceptionnel, tourné le 30 septembre dans l'Himalaya par des cameramen roumains venus filmer une expédition d'alpiniste. Dans ces vidéos, on y voit des gardes-frontières chinois tirer sur un groupe de tibétains qui fuient la Chine. L’un d’eux est semble-t-il touché, il s’écroule. Ce serait une jeune religieuse, selon les associations de tibétains en exil ; un garçon pourrait aussi avoir été tué. De retour à leur camp de base, les cameramen découvrent un tibétain caché : "Vous vouliez aller voir le Dalaï Lama, et ils vous ont tiré dessus ?" demandent les Roumains, "ok, restez caché."(Le Dalaï Lama, chef spirituel des Tibétains, est exilé en Inde. Chaque année des centaines de Tibétains tentent de le rejoindre, via le Népal.) Les douaniers chinois traverseront le camp des alpinistes, sans trouver le fuyard. Les alpinistes, britanniques et australiens, ont été profondément choqués par cette fusillade, au col de Nangpa la Pass, à plus de 5700 mètres d’altitude. Les autorités chinoises reconnaissent les faits, mais affirment qu’il s’agirait de légitime défense. Les tibétains auraient refusé d’obéir aux ordres, et attaqué les militaires. La vidéo et les témoignages semblent démontrer le contraire.

Quelques heures après la diffusion de cette vidéo, celle-ci avait disparu des pages Euronews.

medium_savantfou.jpgDe la même façon un grand scientifique exilé en Belgique se voit censurer : un lien a disparu de son site parce qu'il touche à un sujet qui vraisembablement ne plaît pas à tout le monde. Comme par hasard, cet ancien directeur de recherche du Cnrs, physicien et astrophysicien est considéré comme persona non grata parmi ses pairs : il est forcément plus facile de discréditer un homme ou de parler de parano conspirationniste que d’écouter ce qu'il a à dire. Ses ouvrages, on les trouve au rayon ésotérique. Ce qui rappelle à Frankie un autre scientifique nommé Velikovsky, qui se trouve lui aussi au même rayon, sur lequel on a jeté le même discrédit et qui aujourd'hui est reconnu par certains comme l'un des plus grand génies du XXe siècle, et par d'autres comme le plus grand visionnaire.

Frankie a un problème. Il suffise qu'on lui interdise l'accès à des informations, pour qu'elle voie rouge. La raison en est simple, elle estime avoir le droit de se faire son opinion personnelle. Sur le site du scientifique Jean-Pierre Petit, il est écrit : "Apprenez à penser par vous-même. Si vous ne le faites pas, d'autres le feront pour vous !"

Et c'est ce travail que doit fait l'écrivain, lorsque jour après jour, il se retrouve face à sa copie. Ne pas se laisser contrôler par les modes, les diktats des éditeurs, la pression de la société, l'ambition et la course aux prix. Rester cohérent et fidèle à ce qu'il est, sans se soucier de ce qui se passe chez l'écrivain d'à côté.

Si bien que Frankie, entre deux pages de son roman, se met à sa fenêtre, et continue d'observer le monde en se disant naïvement que c'est encore possible.

 

 
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