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02/01/2008

Et si quelque chose avait changé...

30-03-08_2009.jpgCe matin, tandis que Frankie regardait par sa fenêtre, il lui est revenu en mémoire les paroles d’une chanson de Barbara : "Regarde, Quelque chose a changé, L'air semble plus léger, C'est indéfinissable..." et lorsque la muchacha a mis le nez dehors, en effet, elle a trouvé l’air plus léger.

Pourtant Frankie sait que la trajectoire de l’humanité est toute tracée et qu’aucun demi-dieu ne viendra s'ériger en sauveur ; qu'aucun discours ne viendra pacifier les esprits belliqueux, qu’aucun élan de sagesse ne viendra endiguer la violence dans laquelle l’humanité s’englue, qu’aucun miracle ne viendra au secours d’une planète à l’agonie ; que nul regard en arrière n'enseignera le discernement ; l’épilogue qui attend l’humanité dans les années à venir est déjà inscrit en lettres de feu.

Ce XXIe siècle, beaucoup en ont rêvé ; trop, sans doute, ont fait le rêve d’un monde meilleur, d’un monde où l’homme, équilibrant ses forces vives, allait réaliser l’alchimie entre une science honnête et une médecine sans lobby, entre la foi respectable, lorsqu’elle se fait tolérance, et la spiritualité qui, hélas, semble nous faire défaut, entre  la technologie dont nous sommes devenus les esclaves et une consommation devenue héritage premier de nos sociétés modernes… Entre espoir de voir les choses changer et volonté d’agir… Entre « savoir » et « connaissance ». Entre terre et mer, entre ici et là-bas… Mélange d'horizons lointains au métissage parfait...

Cette fabuleuse aventure, l’espèce humaine n’a pas su ou n'a pas osé la tenter : les hommes lui ont préféré la quête immédiate d'un absurde bonheur avec des lendemains qui déchantent. Excès de confiance, pêché d'orgueil, les hommes ont fini par oublier leur propre histoire. Ils ont fini par oublier la part de magie qui leur est donnée à la naissance.

Car de magie, nous n'en retrouvons nulle trace dans nos actions quotidiennes ; nulle magie dans nos intentions, trop occupés à ne servir que nous-mêmes, soucieux de préserver nos individualités pétries d’égo, obsédés que nous sommes par nos intérêts personnels, avides de dominer cette terre et tout ce qui y vit, stupides au point de tuer ce qui nous fait vivre, sans nous soucier de déranger l’ordre naturel des choses, sans nous interroger de ce que nous laisserons une fois que nous serons redevenus poussière… Si peu ou pour ainsi dire : rien au regard de l’univers…

Et pourtant, quelque chose dans l’air semble avoir changé :

Comme si le désir d’une trêve dans ce monde déchainé devenait de plus en plus fort...

Comme si nous rêvions tous et en même temps de moments d’infinie quiétude…

Comme si par la force de nos intentions, nous devenions tous, un instant, des alchimistes...

Et que pourrait-on souhaiter de mieux à l’espèce humaine en cette nouvelle année : qu’elle sorte enfin de son engourdissement et retrouve la mémoire pour s’affranchir des chaînes qui la maintiennent à genoux…

L’espoir est quelque chose d’indéfinissable qui ne veut pas mourir, un peu comme l’air que Frankie respire aujourd’hui, qui semble murmurer : "Regarde, Sous ce ciel déchiré, Tout s'est ensoleillé, C'est indéfinissable..."

 

 

 

 

22/12/2006

Frankie fait son cinéma

blade runner.jpgAu début du 21ème siècle, la Tyrell Corporation a permis à la robotique d'entrer dans la phase Nexus. La fabrication d'un être identique à l'homme est connu sous le nom de "Répliquant". Les Répliquants sont d'une force et d'une agilité supérieures à celles de leurs généticiens et d'une intelligence au moins égale. Ils sont utilisés comme main d’œuvre pour les travaux dangereux lors de l'exploration d'autres planètes. Après la mutinerie d'une équipe de combat Nexus 6, dans une colonie de l'espace, les Répliquants ont été déclarés illégaux sur terre et passibles de la peine de mort. Des brigades de police spéciale "les Unités Blade Runner" ont reçu l'ordre d'abattre tout Répliquant ayant pénétré sur terre. Il ne s'agit pas d'une exécution. Le terme employé est "retrait."

C'est ainsi que commence "Blade Runner", l'un des plus grands films de Ridley Scott, réalisé en 82, film culte pour une génération de cinéphiles, dont l'histoire est librement inspirée du roman "Do Androids Dream of Electric Sheep ?" écrit par Philip K. Dick en 1966.

blade runner 4.jpgUnivers oppressant avec tous ces gratte-ciel sombres, éclairés sporadiquement par la lumière des néons publicitaires ; la pluie, les embouteillages, le "cityspeak" participent à donner une impression de profond malaise. Pour créer cette atmosphère à la limite de la mélancolie, Ridley Scott a apporté un soin particulier à cette noirceur "opalescente", nuancée de ce bleu qui lui est si familier. Et au service des images, la musique envoûtante aux accords obsessionnels de Vangelis. Nous sommes à Los Angeles, en novembre 2019. La terre est viciée en raison de guerres radioactives. La quasi-totalité de la faune et de la flore a été anéantie et le gouvernement encourage le départ vers Mars en cours de colonisation. Un robot androïde (répliquant) est offert à toutes les personnes qui s'exilent. Considérés comme des esclaves modernes, ils sont aussi utilisés pour des travaux dangereux. Leur durée de vie a été limitée à quatre ans pour éviter qu'ils développent tout sentiment humain.harrison.jpg

Rick Deckard (Harrison Ford), un Blade Runner désabusé, un brin cynique, a pour mission de trouver et de retirer quatre répliquants évadés d'une colonie de l'espace dont le chef est Roy Batty (magnifique Rutger Hauer). Les androïdes sont mus uniquement par leur recherche de la vérité et essaient de trouver les explications sur eux-mêmes dans une profonde quête initiatique. Quant au héros, il en apprend progressivement plus sur lui-même au contact de ces humanoïdes dont "l'humanité" est parfois plus forte que celle des Blade Runners.

blade runner 2.jpgIl y a la rencontre de Deckard avec Rachel, une androïde dernier modèle de perfection qui ignore tout de sa nature de répliquante, agitée par des souvenirs qui ne sont pas les siens, désespérée d'être si peu et si totalement humaine, et dont le Blade Runner va tomber amoureux. Roy Batty qui donne le "baiser de la mort" à son père spirituel, le symbolisme religieux attaché à Tyrell (Dieu ?) et ses répliquants (les anges déchus), leurs chutes des cieux (l'off-world) ; Zhora, magnifique danseuse érotique ayanr pour partenaire un serpent, qui court pour sauver sa vie, tombe sous les balles mais se relève encore et encore. Instinct de survie si propre à la nature humaine.

Et puis l'affrontement final entre Deckard et Roy : étrange scène que celle qui oppose le Blade Runner au Répliquant. Harrison Ford est suspendu dans le vide, sous le regard implacable de Rudger Hauer qui tient une colombe dans la main. Le répliquant, qui sait que son heure est venue, fournit un dernier effort pour venir à la hauteur du policier. "Drôle de sensation que de vivre dans la peur... C'est ça être un esclave !" lui dit-il de ce regardblade runner.jpg bleu si dur et pourtant si humain. Puis à l'instant où le Blade Runner lâche prise, le répliquant le rattrape. Roy s'est assis en tailleur, il tient toujours la colombe à la main, la pluie lui dégouline sur le visage : "J'ai vu des choses que les gens ne croiraient pas : des vaisseaux enflammés sur l'épaule d'Orion. J'ai vu des rayonnements cosmiques près de la porte de Tannhauser. Tous ces instants seront perdus dans le temps comme les larmes se perdent dans la pluie. It's time to die..."

Blade Runner a plus de vingt ans, mais il est toujours d'actualité. Pour ceux qui ne l'ont pas vu (ou revu), il est temps de le voir (ou de le revoir), car ce film pose ses intentions sur l'humanité de façon cohérente et ce n'est pas si souvent qu'une oeuvre nous amène on the borderline de l'âme humaine.

Pour quelques infos supplémentaires sur le film, OPEN THE PAST !

 

 
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