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07/06/2007

Frankie et le no man's land de l'alcool

dependance_alcool.jpgSujet tabou et hypocrite s'il en est, et cependant sujet à l'éventail infini de sentiments contradictoires. Mais nous arrive-t-il de réfléchir à ce no man's land qu'est l'alcool et aux méandres qu'il emprunte ?

De l'alcool de minuit où il est bon ton de trinquer, à ces événements qu'il faut fêter tout au long de l'année, de ces déjeuners et dîners mondains qui portent le verre à nos lèvres et nous font boire jusqu'à la lie, à cette tradition du vin, culture parmi les cultures, qui nous dispense de tout alcoolisme, mais nous fait boire bien plus que de raison.

De cet alcool qui nous fait devenir amis avec le monde entier pour nous entraîner vers un état de guerre selon l'humeur du moment. De cet alcool survolté à celui plus sombre qui nous fait voir le monde d'abord à l'endroit, puis l'instant d'après à l'envers. De cet alcool de solitude, bu dans une chambre désertée par tout espoir de voir un jour les choses changer. De cet alcool de misère qui jette à la rue et finit par être le dernier rempart contre la folie. De cet alcool agressif qui fait remonter à la surface les rancœurs que l'on se trimballe, en même temps que le désamour de soi et, fatalement, des autres.

De cet alcool joyeux, partagé autour d'un bon repas, à celui plus lucide qui désinhibe au point de régler ce qui est en suspens, les non-dits et autres hypocrisies sociales. De l'alcool qui se boit ouvertement à celui qui se boit honteusement, à l'abri des regards. De cet alcool qui rend créatif mais vous ronge de l'intérieur. De cet alcool qui ouvre un instant les portes de l'inconscient et finit par vous terrasser tant le vertige est grand, et les entreprises périlleuses. De cet alcool que l'on croit ponctuel mais qui vous colle aux basques. De cet alcool qui vous procure un sentiment d'immortalité avant de vous plonger la tête dans la cuvette au point de vouloir mourir. De cet alcool devenu dernier recours avant de se mettre à hurler de voir tant de choses dégueulasses, de cet alcool dernier barrage d'une pression professionnelle qu'il faut supporter, des autres qu'il faut subir, et de cette vie qu'il faut endurer, jour après jour, avec pour seul horizon : un désespoir tenace. De cet alcool qui vous fait dégueuler la vie ! De cet alcool que l'on croit être votre meilleur ami, mais qui devient très vite votre pire ennemi et finit par vous tuer. De cet alcool qui peut faire de chacun un assassin !De cet alcool qui vous éloigne des autres quant il devient socialement gênant. De cet alcool qui fait dire aux bonnes âmes : « Quel dommage qu'il (ou elle) boive ; je ne comprends pas ! » tandis que ces mêmes bonnes âmes se bourrent de petites pilules pour voir la vie en rose, sont "addicts" à la bouffe, aux séances chez le psy, et sont prêtes à croire le premier faux-prophète venu. Ces mêmes bonnes âmes, qui, elles-mêmes, entretiennent un comportement suicidaire, s'érigent, dès il s'agit d'alcool, en parangon de la morale, pour une seule raison : l'alcool est embarrassant lorsqu'il dépasse le cadre d'une soirée arrosée.

Il est facile de juger, facile d'asséner quelques vérités basiques, il est moins aisé d'essayer de comprendre ce qui soudain fait basculer vers cet alcool qui revêt tant de facettes aux yeux de celui qui boit. L'alcool, vu par ceux qui ne connaissent pas le dérapage, est souvent assimilé comme toutes les addictions, à une fuite, un rejet de cette vie au profit d'un état sous influence, une lâcheté, un refus d'assumer ses responsabilités ; mais se demande-t-on si ces gens ne boivent pas pour oublier ce que l'on attend d'eux : une vie formatée et misérable.

Il y a l'alcool des artistes, des poètes, des peintres, de ceux dont on sait que "les paradis artificiels" furent le moteur de leur création.

khayyam.jpgIl y a le poète du vin, Omar Khayyâm et ses rubaïyat :

Puisque c'est aujourd'hui mon tour de jeunesse,
j'entends le passer à boire du vin, car tel est mon bon plaisir.
N'allez pas, à cause de son amertume, médire de ce délicieux jus,
il est amer que parce qu'il est ma vie.

Boire du vin et me réjouir, c'est ma manière d'être.
être indifférent pour l'hérésie comme pour la religion, c'est mon culte.
J'ai demandé à cette fiancée du genre humain quelle était sa dot ;
elle me répondit: J'ai pour dot la joie de ton cœur.

Baudelaire, pour qui l'imagination était "reine des facultés", aura tenté de tisser et de démontrer les liens entre le mal et la beauté, la violence et la volupté, notamment dans "Mon cœur mis à nu" : « Tout enfant, j'ai senti dans mon cœur deux sentiments contradictoires : l'horreur de la vie et l'extase de la vie. » Celui qui se noyait dans le sein empoisonnée de la "fée verte" écrivait à son sujet :baudelaire.jpg

Le vin sait revêtir le plus sordide bouge

D'un luxe miraculeux,

Et fait surgir plus d'un portique fabuleux

Dans l'or de sa vapeur rouge,

Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux.

L'opium agrandit ce qui n'a pas de bornes,

Allonge l'illimité,

Approfondit le temps, creuse la volupté,

Et de plaisirs noirs et mornes

Remplit l'âme au delà de sa capacité.

Tout cela ne vaut pas le poison qui découle

De tes yeux, de tes yeux verts,

Lacs où mon âme tremble et se voit à l'envers...

Mes songes viennent en foule

Pour se désaltérer à ces gouffres amers.

Tout cela ne vaut pas le terrible prodige

De ta salive qui mord,

Qui plonge dans l'oubli mon âme sans remords,

Et charriant le vertige,

La roule défaillante aux rives de la mort !

2iyknrkd.jpgJim Morrison, non sans humour, avouait : « Je bois pour pouvoir parler aux trous du cul. Moi inclus. » Ou : « L'alcool est une manière de réagir à la vie dans un environnement surpeuplé. » Ou encore : « Pourquoi je bois ? Pour pouvoir écrire de la poésie ! » donnant toutes les raisons à ceux qui désavouèrent son œuvre en prétendant qu'il s'agissait là de productions rédigées sous influence et qu'il n'y avait rien à comprendre. Or, Jim Morrison est probablement le poète le plus novateur et talentueux de son époque.

A l'inverse, Jackson Pollock, l'un des plus grands peintres américains du XXe siècle, pour qui l'art était source de décharge émotionnelle, réalisa sa plus belle production durant les années où il ne buvait pas. Celui qui exprimait son univers intérieur en libérant ses angoisses et sa colère sur le papier ou sur la toile, celui qui se passionnait pour l'art primitif dpollock.jpgont les expressions rageuses et impulsives s'accordaient à son comportement, s'affranchira de l'alcool momentanément, puis l'alcool reviendra dans sa vie et il ne fera plus rien, comme le raconte si bien le film réalisé et interprété magistralement par Ed Harris.

Oui, les êtres qui boivent sont dans un no man's land que seuls ceux qui ont bu peuvent comprendre. Parfois, vous vous retrouverez avec un de ceux-là à un comptoir : il vous fera rire, puis vous agacera, vous irritera sans doute, mais il y a des chances aussi pour que vous appreniez de lui.

Car, au-delà des convenances et des préjugés, au-delà de la "normalité" sociale et des pseudos conventions, pour certains d'entre eux, se cache derrière leur verre une bien grande lucidité sur ce monde, comme s'ils avaient sondé le cœur de l'humanité, et n'ayant trouvé aucun écho à leur douleur, lui préfère encore la solitude de l'alcool et son no man's land...

 

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12/03/2007

Frankie au coeur de Paris

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Dès que le soleil repointe son nez, que l'air se fait plus chaud, prémices d'un printemps annoncé, les Parisiens s'élancent dans la capitale comme à l'assaut d'une citadelle oubliée. Absorbés par le quotidien, nous finissons par ne plus voir cette ville, "notre" ville ; certes, nous la connaissons, mais beaucoup d'entre nous ignorent, par exemple, que le passage le plus étroit est "le passage de la Duée", que la rue la plus étroite est la "rue du Chat qui pêche", que la rue la plus courte est la "rue des Degrés", que la plus longue est la "rue de Vaugirard", que l'avenue la plus large est "l'avenue Foch" et que la longueur du "boulevard des Maréchaux" est de 33,7 km. Qu'au temps de Louis XIV, les rues étaient au nombre de 853 et que l'on en dénombre aujourd'hui plus de 5400.

Saviez-vous que jusque sous le règne de Louis XVI, le tracé des rues de Paris était calqué sur d'anciens sentiers ou d'anciens chemins. C'est à cette époque que l'on décida d'ouvrir des rues en les perçant au travers des terrains privés. Le premier pavage fut décidé sous Philippe Auguste. Les rues d'autrefois étaient sombres, boueuses avec un caniveau unique placé en son milieu. A la place des trottoirs, il y avait des bornes latérales servant de protection aux piétons. Il faudra attendre 1805 pour voir les bornes remplacées par les trottoirs et le caniveau central supprimé. Le nom des rues n'était pas affiché. Les premières plaques seront posées en 1728 et la numérotation des maisons verra le jour en 1806. Les rues de Paris étaient alors érigées d'enseignes : on habitait ainsi la medium_magasin-boutique-enseigne-insolite-huy-830650.jpgGrosse Bouteille (Impasse de la Grosse Bouteille dans le 18e). C'est ainsi que de nos jours, de nombreuses rues ont gardé ces noms évocateurs comme la rue de Venise, la rue du Coq Héron, la rue des Oiseaux, la rue Plat d'Etain, la rue de la Perle, et bien d'autres encore. Sous Philippe le Bel, Paris, la nuit venue, n'avait que trois sources de lumière "le Grand Châtelet", "la Tour de Nesle" et le "Cimetière des Innocents". C'est en 1662, que l'abbé Careffe fit adopter un éclairage mobile. Des porteurs, munis de flambeaux de cire ou de lanternes à huile, accompagnaient les passants. En 1791, Lebon inventa le gaz d'éclairage et c'est en 1829 qu'eut lieu le premier éclairage d'une voie publique.

A la place de la rue des Innocents (1er), et du square du même nom, s'élevaient le cimetière et l'église des Saints Innocents au Xe siècle : plus de deux millions de parisiens y furent enterrés. En 1786, on transféra les ossements à la Tombe Issoire, baptisée alors Catacombes. On raconte que lors du terrible siège de Paris par Henri de Navarre (futur Henri IV) en 1590, les Parisiens fabriquèrent une farine à pain avec les débris humains. La fontaine, elle, date de 1550 et se trouvait rue Saint Denis, mais lors de la suppression du cimetière, elle fut transportée à sa place actuelle où se trouve aujourd'hui le Forum des Halles. Face au n° 11 rue de la Ferronnerie, il y a une plaque encastrée dans la chaussée : elle porte trois fleurs de lys. C'est à cet endroit que, le 14 mai 1610, le carrosse d'Henri IV fut immobilisé et que Ravaillac blessa mortellement le roi. Au n° 17 de la rue Hérold se trouve l'emplacement de l'hôtel où Charlotte Corday (1768/1793) descendit le 11 juillet 1793, lorsqu'elle vint à Paris pour y assassiner Marat. La rue de l'Echelle tire son nom de l'échelle dressée en ce lieu avant la révolution. La justice de l'évêque y envoyait, pour être exposés au public, les maris infidèles, les parjures et les profanateurs.

Le passage des Panoramas (2e) tient son nom des vues peintes de l'américain Fulton, qui procuraient aux spectateurs du début du XIXe siècle l'illusion de visiter Londres ou Athènes. La rue Vide-Gousset doit son nom aux vols qui s'y commettaient. La rue du Croissant date de 1612 et tient son nom à une enseigne. C'est à l'angle de cette rue avec celle de la rue Montmartre, au café du Croissant que fut assassiné Jean Jaurès, le 31 juillet 1914. Le nom de la rue Beauregard vient de la vue qu'avaient jadis les habitants tant sur la capitale que sur la campagne. Jusqu'en 1667, à l'emplacement de la rue Damiette, se trouvait la cour des Miracles. Ce nom proviendrait des miracles qui se déroulaient tous les soirs lorsque les mendiants estropiés retrouvaient soudain l'usage de leurs membres ou de leurs sens. Ce clan avait ses lois, son langage et son roi : François 1er le Ragot (nom qui donnera naissance au mot argot.)

Dans le 3e, la rue des Vertus doit paradoxalement son nom aux filles de joies qui la fréquentaient en 1546. Si vous vous engagez dans la rue de Montmorency, arrêtez-vous au numéro 51 : c'est là que vivait Nicolas Flamel (1330-1418), écrivain, juré de l'université. D'aprèsle mime.jpg ses étudiants, Flamel aurait possédé la pierre philosophale et c'est ici qu'il transformait le plomb en or. La place de la République, ancienne place du Château d'eau, s'est formée de 1856 à 1865 sur l'emplacement d'un bastion de l'enceinte supprimée sous Louis XIV. En 1883, la place fut dotée d'un monument de la République par Moricet. Ces travaux entraînèrent la destruction de la partie la plus animée du boulevard du Temple alors nommé "boulevard du Crime" du fait de la représentation dans ses théâtres de mélodrames, à l'image du Théâtre des Funambules qui accueillait le mime Deburau sous la Restauration (immortalisé dans le splendide film de Carné "Les Enfants du paradis").

Si vous vous trouvez rue du Petit Musc (4e) sachez que son nom vient d'une déformation de "pute y musse" soit "la pute qui y flâne", ce qui laisse à penser que cette rue, qui existait déjà en 1358, était alors un "val d'amour" à proximité du port Saint-Paul. Lorsque vous empruntez l'impasse Guéménée, vous empruntez le "cul de sac du ha ! ha !" en raison du marché aux chevaux qui était installé sur l'emplacement du palais des Tournelles.

Si vous vous arrêtez un instant au "Square Saint Jacques", vous êtes dans ce qui fut le premier square de la capitale. Inspiré de ceux que l'on pouvait voir à Londres, le mot square vient néanmoins du vieux français "esquarre". La rue du Figuier existe depuis le XIIIe siècle et se nomme ainsi à cause d'un figuier qui se trouvait au milieu du petit carrefour situé devant l'Hôtel de Sens. C'est la reine Margot qui le fit enlever, car il gênait les manœuvres de son carrosse.

La rue Saint-Martin (4e) est, avec la rue Saint Jacques, la rue la plus ancienne de Paris : c'était la piste qui allait de Lutèce aux régions du Nord. Elle tient son nom depuis le XIe siècle.

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Le pont Neuf (6e), contrairement à son nom, est le plus ancien de Paris. Terminé en 1607, ce premier pont de pierre sans maison, ouvrit un nouveau mode de relation entre la cité et son fleuve. La rue du Regard (ex Petit Chemin Herbu) porte son nom actuel depuis 1667, en raison d'un regard adossé à une fontaine qui se trouve aujourd'hui sur la fontaine de Médicis au jardin du Luxembourg. Le nom de la rue des Quatre Vents date du XVIIe siècle et lui vient d'une enseigne qui représentait des têtes d'amour soufflant vers les quatre points cardinaux.

L'origine de la rue du Bac (7e) remonte à mai 1564 : pour transporter les blocs de pierre venant des carrières de Vaugirard et destinés à la construction des Tuileries, il fut nécessaire de mettre un bac permettant la traversée de la Seine.

medium_mysteres_de_paris.pngL'avenue Montaigne (8e) tire son nom du célèbre écrivain-humaniste et, cependant, elle fut appelée "l'Allée des veuves de triste réputation", surnom qui lui venait de ce que l'on pouvait rencontrer des personnes solitaires en quête d'aventures galantes. Cette avenue, mondialement connue aujourd'hui pour son luxe, était alors une allée fréquentée par des voleurs et des sans domicile fixes, tels que les décrit Eugène Sue dans "Les Mystères de Paris".

La rue Bleue (9e) date de 1714, mais son nom d'alors était la rue d'Enfer par opposition à la rue du Paradis qui la prolongeait. C'est à la demande de ses habitants, en 1789, qu'elle fut rebaptisée de son nom actuel.

Et enfin la rue Dupleix (15e) qui, au XVe siècle, n'était qu'un chemin de terre de la plaine maraîchère de Grenelle conduisant au château de Grenelle. Sous la Révolution, ce château abritait une fabrique de poudre. A la suite d'un accident, il explosera en 1794.

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Carrosses et chevaux traversant notre bonne ville ; quartiers huppés transformés en coupe-gorges ; bacs remontant la seine ; des ponts avec des maisons ; des hommes, flambeaux en main, chargés d'accompagner les parisiens. Et puis, les premiers réverbères, les premiers omnibus du XIXe , la brique, le zinc, le verre, le fer et enfin le béton remplaçant la pierre de taille, le calcaire grossier et le gypse ou le plâtre, l'essentiel de l'architecture d'alors. Le café Procope qui attirait les beaux esprits et offrait une nouvelle boisson venue d'Orient, le kahwa (café) stimulante pour l'esprit. Voltaire, Rousseau, Marat, Danton, et puis Bonaparte, Desmoulins, Robespierre, Talleyrand et encore Musset, George Sand, Gambetta, Verlaine et Mallarmé : tous l'ont fréquenté à un moment ou à un autre. Le café de Flore transformé en salon littéraire grâce à Sartre et Simone de Beauvoir. Les caves de Saint Germain résonnant de la trompette de Boris Vian et de "Liberté ! Liberté !" chantée par Juliette Gréco.

Paris n'en finit pas de faire rêver les gens du monde entier, mais ne fait plus rêver les Parisiens eux-mêmes. Il y a ceux qui donneraient tout pour y venir et ceux qui ne rêvent que de quitter cette citadelle anémiée. Les auteurs maudits vinrent y trouver refuge se contemplant dans le miroir aux alouettes que leur tendait la capitale. Beaucoup y sont morts : excès de rêves, ou désenchantement fatal ?

Paris a, peu à peu, grignoté la part d'insolence qui nous rendait si talentueux. Il flotte comme un air mélancolique sur Paris.

Du coup, Frankie, nostalgique, a refermé sa fenêtre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
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