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16/05/2010

Quand Kyklos se fait cyclone

Encore deux nouveautés ce mois-ci chez Kyklos Editions... deux titres qui, sur le plan sociologique et culturel, vont marquer un tournant décisif pour cette société créée il y a un an et quelques poussières de mois.

Le premier est celui d'un jeune journaliste : Mika.JPGMikaël Herviaux. Retenez bien ce nom, vous allez beaucoup l'entendre dans les semaines à venir. MOP est sorti le 10 mai 2010 et ça remue les libraires...

Ce premier roman nous plonge au coeur du vrai Paname, le Paname des poètes, des bars à bon dieu, de Couverture MOP.jpgces lieux empreints de folie, de ces personnages atypiques tous droits sortis d'un roman du début du siècle dernier, une superposition d'univers qui nous amène jusqu'à ces sans-papiers venus chercher l'Eldorado, des laissés pour compte noyés au sein de notre société, devenus invisibles à nos yeux tant la peur nous tenaille d'un jour leur ressembler... des tranches de vies douloureuses, parfois drôles, c'est ce que nous livre, sans concession, Mikaël Herviaux, avec une tendresse pour ce Paris si cruel, si urbain et cependant toujours si captivant...

Lorsque le héros Pierre-André Tanguy - (personnage inspiré par Jean Rochefort) et oh combien magnifique dans ce dernier combat qu'il entreprend pour rattraper quelques unes de ces erreurs avant que la mort ne l'emporte -, s'immerge au contact de ces musiciens du métro venus de tous horizons qui trimballent avec eux leur musique, leur couleur, leur blues, c'est tout Paris qui redevient Paname et chante sous les mots poétiques d'un journaliste un tantinet Gavroche qui parvient à transcender la misère sans pour autant éradiquer la douleur de ceux qui assistent, jour après jour, à la décomposition environnante et qui hurlent en silence d'impuissance.

408 pages que vous ne regretterez pas d'avoir lues....

Isbn : 978-2-918406-09-9 - 408 pages - 21€

Retrouvez l'auteur autour d'un verre le jeudi 20 mai à la librairie Pippa, 25 rue du Sommerard, Paris 5e, de 18h à 22h.

 

Olivier Gérard Djibouti2.jpegOlivier Gérard vous présentera le même jour, en avant-première, de 20h30 à 22h00 son nouveau roman : "Te retourne pas, Handala", un thriller socio-politique qui se déroule à Jérusalem et dans la vallée du Jourdain.

Ce réalisateur et scénariste, qui fut l'assistant d'Orson Welles, de Louis Malle, de Philippe de Broca, de Jean-Paul Rappeneau, de Jacques Deray,  de Robert Mazoyer, qui a travaillé avec Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, Catherine Deneuve, Jeanne Moreau, Claudine Auger, Claudia Cardinale, a aussi réalisé des séries télévisées, notamment au Japon avec Yoko Shimada - vedette de Shogun, en Pologne avec Claire Bloom - vedette de Limelights avec Chaplin, entre autre...

Hanthala.jpg

Handala, souvent tagué sur le Mur qui sépare Israël de la Palestine, est un petit garçon va-nu-pieds et déterminé qui tourne le dos au monde. Enfant palestinien, il était au début le symbole de la lutte palestinienne, mais sa conscience s'est développée pour devenir celle d'une nation, puis de l'humanité toute entière. La légende raconte qu'il ne se retournera que lorsque le Mur sera détruit. Handala veut dire amertume, du nom d'un arbrisseau très amer poussant dans le désert.

Préfacé par Jean-Claude Carrière - qui nous parle admirablement du travail du romancier, de son rôle d'observateur dans les événements du monde et nous met en garde contre la vérité que chacun s'approprie sans songer qu'il puisse en exister d'autres - et un avant-propos du fils de Naji al-Ali, - premier carricaturiste à avoir été assassiné pour ses dessins, dans lequel Khalid nous parle de son père, du drame de l'exil à la naissane d'Handala -, TE RETOURNE PAS, HANDALA, au-delà de l'intrigue, dénonce l'intégrisme des deux bords, nous dépeint les ravages d'une guerre sans fin, d'une vérité que chacun brandit sans se soucier des dégâts collatéraux qu'elle génère, ni des conséquences sur les générations à venir, et nous invite à bâtir et non à détruire...

"... UN LIVRE ARDENT"  Jean-Claude Carrière.

Couv_Te retourne pas_Handala.jpgMerci, Monsieur Gérard, de nous livrer ici, dans le respect de chacun, ce que nous sommes fondamentalement : des êtres vivants qui ont le devoir de cohabiter... sans haine, sans jugement, sans à priori et sans amalgame...

ISBN : 978-2-918406-07-5 - 270 pages - 19 €

Sortie : 24 mai 2010

 

 

 

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Éditions Librairie Galerie Pippa : 25 rue du Sommerard - Paris 5e
M° Cluny-La Sorbonne/M° ou RER Saint-Michel Notre-Dame / Bus 63-86-87-21-27-38
Contact : 01 46 33 95 81

 

 

 

 

 

 

 

29/06/2009

Une vie après l'autre ou l'incarnation des possibles

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A l'occasion de la sortie de son premier roman, Frankie vous livre en exclusivité deux extraits choisis de : Une vie après l'autre ou l'incarnation des possibles.

Résumé :

D'incidences en coïncidences se forgent d'improbables destins : celui de Gabrielle aura été de rencontrer, un soir de décembre 1982, Lila von Haffen, pianiste classique adulée. Leurs existences vont s'imbriquer en dépit de l'empreinte que nulle gloire, nul génie, nul talent n'effacera. De cette étrange nuit où chacune se trouve dans l'attente d'un événement indéfini, la première va s'enfermer dans sa destinée tandis que la seconde s'en délivrera par le suicide.

Vingt ans plus tard, Gabrielle entre en possession d'une correspondance signée de la main de la virtuose. Elle se lance alors sur ses traces, à travers l'Europe jusqu'en Argentine.

Ce voyage la conduira à accepter son destin cristallisé en la personne de Lila von Haffen...

Chapitre 3 :

Elle qui fut la capitale du « Royaume d'Arles » se dresse dans toute la splendeur de son histoire. Elle qui vit les Grecs s'implanter en territoire ligure six siècles avant J.-C. pour subir ensuite le joug de la colonie de droit romain imposée par Jules César, affiche insolemment les meurtrissures d'autrefois. Elle qui fut le siège de nombreux conciles, puis le centre majeur du félibrige1, prolonge, constante et immuable, son souvenir. Chaque pierre, chaque façade, chaque recoin, chaque stigmate exacerbe les rappels du passé. La petite Rome des Gaules s'acharne à repousser les limites de sa mémoire en dépit d'un futur qui gagne du terrain. La modernité du système qui l'escorte finira pourtant par effacer toutes traces des dieux ayant arpenté cette terre, des dieux déchus par de semi-divinités éthérées, égarés dans le labyrinthe de l'amnésie collective.

En dépit d'une fondation qui porte le nom de Lila, en dépit de Sergueï Basensky devenu le garant de sa mémoire, en dépit de quelques témoins directs qui finiront par oublier l'essentiel, la virtuose deviendra un vague souvenir, pire l'ombre d'un souvenir.

À l'image de ces cavaliers défilant dans l'arène le fer à la main, récitant du Mistral, encouragés par des beautés Arlésiennes coiffées, vêtues de soie et de dentelles. L'odeur des marais salins mêlée à celle saumâtre des étangs, la cloche lugubre annonçant le désastre proche, contraignant hommes et bêtes à fuir, l'eau qui réclame sa part de morts, terre initiatique dont les épreuves révèlent ou détruisent les hommes. La sueur des hommes mélangée à celle des bêtes. Hommes et bêtes en un face à face mortel, indissociables dans la vie, indissolubles dans la mort.

Le folklore a gommé le vague souvenir, offrant à la Camargue sa chance de survie. Les manades ouvrent leurs portes à des mariages, des séminaires, des fêtes d'apparat. Les environs se parcourent en calèche aux fins d'observer la parade amoureuse des derniers flamants roses, et les arènes se sont transformées en champ de foire d'où toute noblesse a disparu.

Sergueï Basensky vit tout près de l'église Sainte-Trophime. Il habite un hôtel particulier cerné de bâtiments canoniaux, face au cloître édifié au XIIe siècle. En traversant le jardin entretenu avec soin, Gabrielle est transportée en un lieu inaltéré, désuet, plein de charme, semblable à l'homme qui vient d'ouvrir la porte. L'imposante crinière blanche encadre un visage sévère dont les yeux n'ont rien perdu de leur vivacité. Le charisme du Maestro est intact. Il se tient droit. Cependant l'homme lutte au corps à corps avec la maladie invalidante qui l'étreint. La joie et la surprise se disputent dans le regard du vieux Russe.[]

1 École fondée en 1854 afin de restituer au provençal son rang de langue littéraire.

 

Chapitre 9

Gabrielle émerge d'un rêve si réel qu'un certain temps lui est nécessaire pour s'accommoder de l'environnement familier qui fait le siège de sa chambre. L'état de veille latent prend le pas sur le songe, mais les sensations persistent avec une acuité saisissante.

Projetée au cœur d'un immense jardin cerné de grands arbres, constitué de blocs de pierres et de morceaux de bois enchevêtrés placés en cercles concentriques en des points synergiques, Gabrielle goûtait à l'équilibre quasi-parfait élaboré par l'architecte des lieux avec la sensation de « déjà-vu ». La débauche de couleurs, le doux soleil réchauffant l'air ambiant et les bruissements d'une faune en éveil sonnaient le glas de la torpeur hivernale. L'intrusion d'un corbeau, ramenant dans son sillage un hiver pâle et froid, propulsa Gabrielle près d'un lac environné de montagnes aux sommets neigeux. Elle ne sentait pas la morsure du froid tandis que ses pieds nus s'enfonçaient dans une neige devenue ouate à son contact. Des particules d'or ondoyaient tout autour d'elle, minuscules flocons suspendus dans les airs qu'irradiait un lointain soleil. L'eau du lac frémissait par intermittence sous des forces invisibles. L'oiseau d'ébène réapparut et vint se poser près de Gabrielle.

Elle se sentit empoignée par son regard inquisiteur, dépouillée de sa forme humaine, et propulsée en un monde constant et immuable, aux formes indécises. Son esprit fusionna avec le médiateur ailé. Elle se vit franchir des espaces interdits, s'élevant vers le nombril du ciel où dansent les divinités célestes, pour fondre l'instant d'après sur le royaume des ombres. Ni vivante ni morte, à la lisière d'un entre-deux mondes, Gabrielle survola des êtres mi-hommes mi-cervidés battant des tambours, et des dragons à masque humain sur la poitrine crachant du feu en direction du ciel. Dans un éblouissant battement d'ailes, l'oiseau au plumage d'encre balaya le décor, lui substituant une plage aux rivages blancs. Gabrielle sentit son corps la posséder à nouveau tandis que le corbeau disparaissait au-delà d'une mer infinie. Aveuglée par la réverbération, elle mit ses mains en visière et aperçut au loin une silhouette marchant sur les flots. Gabrielle sourit à la vision de Lila qui avançait dans sa direction, tenant un piano miniature dans une main, une obsidienne dans l'autre. Les vagues se retiraient à chacun de ses pas, effaçant au fur et à mesure ses empreintes sur le sable jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un vaste désert immaculé. Le petit piano s'était métamorphosé en un quart de queue. D'un geste de la main, Lila conviait Gabrielle à prendre place.

Soudain, le désert s'assombrit. Le tonnerre zébra le ciel, prémices d'un orage imminent. Lila posa une main sur son cœur et salua un public invisible. En dépit des bourrasques de vent qui contraient Gabrielle, elle parvint à rejoindre la pianiste. Crevant les barrières de la nuit de l'esprit, Gabrielle refait surface. Étendue sur son lit, elle est submergée par l'immense tristesse de voir son rêve lui échapper. Certaine qu'elle aurait pu sentir le grain de peau de Lila sous ses doigts aussi surement qu'elle sent le contact du coton sous sa main, l'absence de peur ayant repoussé les limites de la conscience, Gabrielle devine qu'un rêve s'est emparé de la réalité.

Elle prend dans ses mains la « larme d'apache » posée sur la table de chevet. Obsidienne trouvée dans le désert de l'ouest américain dont un vieil Indien lui a conté qu'elle éclot à l'endroit où un guerrier a trouvé la mort. Obsidienne qu'elle s'apprêtait à remettre en terre tandis que le vieil homme l'en empêchait. Obsidienne au creux de sa main, l'Indien refermant ses doigts sur la pierre froide avant de lui expliquer que le bien ne trouvait pas de justification sans le mal, tout comme la lumière ne pouvait exister sans l'ombre. Tous deux avaient longtemps regardé au-delà des limites du territoire, bien au-delà du monde empreint de dualité. Pour donner raison à l'homme, la nuit avait ingéré le jour dans un déchaînement de forces obscures, tandis que des ombres menaçantes se matérialisaient dans la vallée, prêtes à se livrer bataille.[]

 

images.jpgFrankie dédicacera ses ouvrages sur le stand de Kyklos Editions lors du 7ème salon de L'autre Livre qui se tiendra les 20, 21 et 22 novembre 2009 à l'Espace des Blancs Manteaux (Paris 4e).

 


 

 

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En dépit des joies que nous éprouvons au quotidien, il y a toujours des évènements qui assombrissent  nos journées. Et parce que l'Internet reste un moyen autonome de véhiculer les idées de Liberté et d'Humanité, Frankie vous informe que Ensemble contre la peine de mort (ECPM) a mis en ligne une pétition "Pas d'Homo à l'échafaud" : Iran, Arabie Saoudite, Afghanistan, Mauritanie, Soudan, Nigeria (États du nord), Yémen, Pakistan, Émirats Arabes Unis, dans ces 9 pays, les homosexuels encourent la peine de mort du seul motif de leur homosexualité. Un petit clic sur le lien ci-dessus et un petit clic sur la pétition... Au nom de la liberté et des droits humains !

 

 

 

 


 

 
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