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29/06/2009

Une vie après l'autre ou l'incarnation des possibles

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A l'occasion de la sortie de son premier roman, Frankie vous livre en exclusivité deux extraits choisis de : Une vie après l'autre ou l'incarnation des possibles.

Résumé :

D'incidences en coïncidences se forgent d'improbables destins : celui de Gabrielle aura été de rencontrer, un soir de décembre 1982, Lila von Haffen, pianiste classique adulée. Leurs existences vont s'imbriquer en dépit de l'empreinte que nulle gloire, nul génie, nul talent n'effacera. De cette étrange nuit où chacune se trouve dans l'attente d'un événement indéfini, la première va s'enfermer dans sa destinée tandis que la seconde s'en délivrera par le suicide.

Vingt ans plus tard, Gabrielle entre en possession d'une correspondance signée de la main de la virtuose. Elle se lance alors sur ses traces, à travers l'Europe jusqu'en Argentine.

Ce voyage la conduira à accepter son destin cristallisé en la personne de Lila von Haffen...

Chapitre 3 :

Elle qui fut la capitale du « Royaume d'Arles » se dresse dans toute la splendeur de son histoire. Elle qui vit les Grecs s'implanter en territoire ligure six siècles avant J.-C. pour subir ensuite le joug de la colonie de droit romain imposée par Jules César, affiche insolemment les meurtrissures d'autrefois. Elle qui fut le siège de nombreux conciles, puis le centre majeur du félibrige1, prolonge, constante et immuable, son souvenir. Chaque pierre, chaque façade, chaque recoin, chaque stigmate exacerbe les rappels du passé. La petite Rome des Gaules s'acharne à repousser les limites de sa mémoire en dépit d'un futur qui gagne du terrain. La modernité du système qui l'escorte finira pourtant par effacer toutes traces des dieux ayant arpenté cette terre, des dieux déchus par de semi-divinités éthérées, égarés dans le labyrinthe de l'amnésie collective.

En dépit d'une fondation qui porte le nom de Lila, en dépit de Sergueï Basensky devenu le garant de sa mémoire, en dépit de quelques témoins directs qui finiront par oublier l'essentiel, la virtuose deviendra un vague souvenir, pire l'ombre d'un souvenir.

À l'image de ces cavaliers défilant dans l'arène le fer à la main, récitant du Mistral, encouragés par des beautés Arlésiennes coiffées, vêtues de soie et de dentelles. L'odeur des marais salins mêlée à celle saumâtre des étangs, la cloche lugubre annonçant le désastre proche, contraignant hommes et bêtes à fuir, l'eau qui réclame sa part de morts, terre initiatique dont les épreuves révèlent ou détruisent les hommes. La sueur des hommes mélangée à celle des bêtes. Hommes et bêtes en un face à face mortel, indissociables dans la vie, indissolubles dans la mort.

Le folklore a gommé le vague souvenir, offrant à la Camargue sa chance de survie. Les manades ouvrent leurs portes à des mariages, des séminaires, des fêtes d'apparat. Les environs se parcourent en calèche aux fins d'observer la parade amoureuse des derniers flamants roses, et les arènes se sont transformées en champ de foire d'où toute noblesse a disparu.

Sergueï Basensky vit tout près de l'église Sainte-Trophime. Il habite un hôtel particulier cerné de bâtiments canoniaux, face au cloître édifié au XIIe siècle. En traversant le jardin entretenu avec soin, Gabrielle est transportée en un lieu inaltéré, désuet, plein de charme, semblable à l'homme qui vient d'ouvrir la porte. L'imposante crinière blanche encadre un visage sévère dont les yeux n'ont rien perdu de leur vivacité. Le charisme du Maestro est intact. Il se tient droit. Cependant l'homme lutte au corps à corps avec la maladie invalidante qui l'étreint. La joie et la surprise se disputent dans le regard du vieux Russe.[]

1 École fondée en 1854 afin de restituer au provençal son rang de langue littéraire.

 

Chapitre 9

Gabrielle émerge d'un rêve si réel qu'un certain temps lui est nécessaire pour s'accommoder de l'environnement familier qui fait le siège de sa chambre. L'état de veille latent prend le pas sur le songe, mais les sensations persistent avec une acuité saisissante.

Projetée au cœur d'un immense jardin cerné de grands arbres, constitué de blocs de pierres et de morceaux de bois enchevêtrés placés en cercles concentriques en des points synergiques, Gabrielle goûtait à l'équilibre quasi-parfait élaboré par l'architecte des lieux avec la sensation de « déjà-vu ». La débauche de couleurs, le doux soleil réchauffant l'air ambiant et les bruissements d'une faune en éveil sonnaient le glas de la torpeur hivernale. L'intrusion d'un corbeau, ramenant dans son sillage un hiver pâle et froid, propulsa Gabrielle près d'un lac environné de montagnes aux sommets neigeux. Elle ne sentait pas la morsure du froid tandis que ses pieds nus s'enfonçaient dans une neige devenue ouate à son contact. Des particules d'or ondoyaient tout autour d'elle, minuscules flocons suspendus dans les airs qu'irradiait un lointain soleil. L'eau du lac frémissait par intermittence sous des forces invisibles. L'oiseau d'ébène réapparut et vint se poser près de Gabrielle.

Elle se sentit empoignée par son regard inquisiteur, dépouillée de sa forme humaine, et propulsée en un monde constant et immuable, aux formes indécises. Son esprit fusionna avec le médiateur ailé. Elle se vit franchir des espaces interdits, s'élevant vers le nombril du ciel où dansent les divinités célestes, pour fondre l'instant d'après sur le royaume des ombres. Ni vivante ni morte, à la lisière d'un entre-deux mondes, Gabrielle survola des êtres mi-hommes mi-cervidés battant des tambours, et des dragons à masque humain sur la poitrine crachant du feu en direction du ciel. Dans un éblouissant battement d'ailes, l'oiseau au plumage d'encre balaya le décor, lui substituant une plage aux rivages blancs. Gabrielle sentit son corps la posséder à nouveau tandis que le corbeau disparaissait au-delà d'une mer infinie. Aveuglée par la réverbération, elle mit ses mains en visière et aperçut au loin une silhouette marchant sur les flots. Gabrielle sourit à la vision de Lila qui avançait dans sa direction, tenant un piano miniature dans une main, une obsidienne dans l'autre. Les vagues se retiraient à chacun de ses pas, effaçant au fur et à mesure ses empreintes sur le sable jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un vaste désert immaculé. Le petit piano s'était métamorphosé en un quart de queue. D'un geste de la main, Lila conviait Gabrielle à prendre place.

Soudain, le désert s'assombrit. Le tonnerre zébra le ciel, prémices d'un orage imminent. Lila posa une main sur son cœur et salua un public invisible. En dépit des bourrasques de vent qui contraient Gabrielle, elle parvint à rejoindre la pianiste. Crevant les barrières de la nuit de l'esprit, Gabrielle refait surface. Étendue sur son lit, elle est submergée par l'immense tristesse de voir son rêve lui échapper. Certaine qu'elle aurait pu sentir le grain de peau de Lila sous ses doigts aussi surement qu'elle sent le contact du coton sous sa main, l'absence de peur ayant repoussé les limites de la conscience, Gabrielle devine qu'un rêve s'est emparé de la réalité.

Elle prend dans ses mains la « larme d'apache » posée sur la table de chevet. Obsidienne trouvée dans le désert de l'ouest américain dont un vieil Indien lui a conté qu'elle éclot à l'endroit où un guerrier a trouvé la mort. Obsidienne qu'elle s'apprêtait à remettre en terre tandis que le vieil homme l'en empêchait. Obsidienne au creux de sa main, l'Indien refermant ses doigts sur la pierre froide avant de lui expliquer que le bien ne trouvait pas de justification sans le mal, tout comme la lumière ne pouvait exister sans l'ombre. Tous deux avaient longtemps regardé au-delà des limites du territoire, bien au-delà du monde empreint de dualité. Pour donner raison à l'homme, la nuit avait ingéré le jour dans un déchaînement de forces obscures, tandis que des ombres menaçantes se matérialisaient dans la vallée, prêtes à se livrer bataille.[]

 

images.jpgFrankie dédicacera ses ouvrages sur le stand de Kyklos Editions lors du 7ème salon de L'autre Livre qui se tiendra les 20, 21 et 22 novembre 2009 à l'Espace des Blancs Manteaux (Paris 4e).

 


 

 

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En dépit des joies que nous éprouvons au quotidien, il y a toujours des évènements qui assombrissent  nos journées. Et parce que l'Internet reste un moyen autonome de véhiculer les idées de Liberté et d'Humanité, Frankie vous informe que Ensemble contre la peine de mort (ECPM) a mis en ligne une pétition "Pas d'Homo à l'échafaud" : Iran, Arabie Saoudite, Afghanistan, Mauritanie, Soudan, Nigeria (États du nord), Yémen, Pakistan, Émirats Arabes Unis, dans ces 9 pays, les homosexuels encourent la peine de mort du seul motif de leur homosexualité. Un petit clic sur le lien ci-dessus et un petit clic sur la pétition... Au nom de la liberté et des droits humains !

 

 

 

 


 

05/01/2009

Frankie donne sa langue au chat... et vous ?

En guise de vœux pour la nouvelle année, Frankie s’est attelée à retrouver de bonnes vieilles expressions que l’on emploie couramment sans images.jpgforcément en connaître la signification originelle. Lorsqu’une discussion tourne court et que les arguments viennent à nous manquer, lorsque la colère nous anime, ou bien l’ironie, l’admiration, le dégoût, tous ces sentiments humains sur lesquels il nous faut mettre des mots, la mémoire comme par miracle nous rattrape sous une forme inattendue, lorsque de notre bouche vient à sortir une expression venue d’un autre temps, sans même que l’on en connaisse son origine, ni comment et par qui, elle fut véhiculée au fil du temps.

Nos amis les animaux en font souvent les frais, protagonistes d’expressions fondées ou non, ils font partie de ces phrases toutes faites que l’on utilise parfois à tort et à travers :

Par exemple, il nous est tous arrivés d’être un jour enroué et de dire "J'ai un chat dans la gorge" tout en se demandant comment un chat avait pu atterrir en un endroit si étroit. A la fin du XIe siècle, le mot "maton" désignait le lait caillé. Il fut ensuite utilisé pour tous types d'amas ou de grumeaux, mais également pour dire "chat". L'expression d'origine aurait donc été "avoir un maton dans la gorge", jeu de mots sur les deux sens de "maton". Peu à peu, le "chat" a remplacé le "maton", mais l'expression signifie toujours que l'on est enroué…

Sachez que lorsque vous employez la formule "des yeux de lynx", cela n’a rien à voir avec les mirettes de ce superbe félin. Il s’agit d’une déformation de Lyncée, le pilote des Argonautes qui guida, grâce à sa vue perçante, Jason vers la Toison d’Or.

Quant à l’expression "C’est un canard boiteux", il faut savoir que, jusqu'au XIIIe siècle, le "canard" ne désignait pas l'animal, mais un surnom péjoratif que l'on donnait abassecour1.jpgux individus trop bavards pour se moquer d'eux. L'animal, lui, portait le nom d'"ane", issu du latin "anas". Cependant le "canard" a depuis cette époque gardé une connotation négative. Expression qui rappelle également le conte d'Andersen "Le vilain petit canard", dans lequel le petit cygne atypique est rejeté par tous ses compagnons canards. Le "canard boiteux" est un individu dont un groupe a honte et qu'il cherche à isoler.

De nos jours, "Poser un lapin" signifie ne pas se rendre à un rendez-vous, sans prévenir la personne qui nous attend. Mais que vient faire le si gentil lapin dans tout ça ? Le sens en était autrefois différent. En 1880, cela voulait dire "ne pas rétribuer les faveurs d'une jeune fille". En effet à cette époque, le "lapin" désignait un refus de paiement. Par la suite, il a également désigné un voyageur clandestin. L'expression, sous sa forme actuelle, serait apparue vers 1890, chez les étudiants. Elle proviendrait de "laisser poser" soit "faire attendre quelqu'un".

L’expression "Passer du coq à l’âne" serait un dérivé de celle datant du XIVe siècle : "saillir du coq à l'asne". Au XIIIe siècle, le mot "asne" désignait une cane. Le mot "saillir", quant à lui, n'a pas changé de sens : il signifie toujours "s'accoupler". Or, il semble que les coqs essaient parfois de se reproduire avec des canes. "Saillir du coq à l'asne" serait donc devenu "passer du coq à l'âne" par déformation du mot "ane" sans accent. Cette expression signifie que l'on parle d'un sujet, puis d'un autre, alors que ceux-ci n'ont pas de liens directs entre eux.

Autrefois, on disait "Jeter sa langue au chien" et non "Donner sa langue au chat". Cette expression, vous l’aurez deviné, n’était guère valorisante, car chat.jpgon ne "jetait" aux chiens que les restes de nourriture. "Jeter sa langue aux chiens" signifiait ne plus avoir envie de chercher la réponse à une question. L'expression s'est transformée pour devenir "Donner sa langue au chat", au XIXe siècle. Et pourquoi donnerions-nous notre langue à ce félidé ? En raison du fait que le chat était considéré, à cette époque, comme un gardien de secrets. Sa parole avait une valeur considérable ; en "donnant sa langue au chat", on lui prêtait la parole pour qu'il nous donne la réponse à une devinette.

"Retomber sur ses pattes" est une formule utilisée lorsqu’une personne, en dépit de ses ennuis, parvient toujours à se tirer d’une mauvaise situation et à en sortir indemne. L’histoire veut que Mahomet ait coupé la manche de sa chemise pour ne pas réveiller sa chatte qui dormait dessus. Elle lui aurait fait une belle révérence en récompense de laquelle le prophète aurait donné le don aux chats de toujours retomber sur leurs pattes.

Votre voisine est "bavarde comme une pie", sachez alors que le mot "bavard" est issu du nom "bave" qui, dans la langue française, symbolise la salive et, par extension, la parole. Une personne "bavarde" est quelqu'un qui utilise beaucoup de salive, autrement dit qui parle beaucoup. Dans cette expression, la comparaison avec la pie vient renforcer le sens. En effet, la pie est un oiseau réputé pour être très bruyant.

"Montrer patte blanche", c’est donner un signe de reconnaissance pour être autorisé à entrer dans un lieu. Cette expression semble avoir été popularisée par la fable de La Fontaine "Le loup, la chèvre et le chevreau". Dans cette fable, la chèvre s’absente en laissant son biquet seul. Elle lui recommande de n’ouvrir à personne, d’attendre qu’elle revienne, et prononce une phrase spécifique avant de la laisser entrer. Lorsque le biquet entend frapper à la porte, il demande, en plus de la phrase, de "montrer patte blanche". Comme chacun sait, ce n’était pas la chèvre qui était derrière la porte, mais le loup. Aucune trace de cette expression n’a été trouvée avant le XIXe, soit deux siècles après la mort de La Fontaine. Certains pensent qu’elle se serait popularisée grâce à l’enseignement des fables à l’école.

"Tirer les vers du nez", voilà encore une de ces expressions mystérieuses qui nous interpelle. Au XVIIIe siècle, les "vers rinaires", parasites du nez, étaient une maladie assez répandue. Cependant, beaucoup avaient honte de dire au médecin qu'ils en étaient affectés. Ce dernier était alors obligé de les soumettre à un interrogatoire pour les faire parler. C’est ainsi que naquit l’expression "tirer les vers du nez".

"Le bouc émissaire" est celui que l'on accuse et qui paie la faute des autres. Chez les Hébreux, à la fête des expiations, le Grand Prêtre avec force imprécations, envoyait vers le désert, un pauvre bouc chargé de tous les pêchés d'Israël et de toutes les malédictions. Aujourd’hui, en ces temps troublés, force est de constater que nous avons trouvé un éventail de boucs-émissaires que l’on charge de tous nos maux économico-sociaux…

"Un oiseau de mauvais augure" vous fait forcément penser à une personne qui ne laisse rien pressentir de bon. augure.gifAutrefois, à Rome, les augures étaient des devins chargés d’observer le ciel et d’en communiquer les présages aux autorités. La politique dépendait uniquement de ces présages, et aucune décision n’était prise sans consultation des augures. Il en existait d’ailleurs deux types. D’un côté, les auspices, chargés d’observer le vol et le chant des oiseaux, et, de l’autre, les augures,qui devaient lire dans la mise à mort des volatiles et ensuite dans leurs entrailles. Selon ce que ces devins voyaient, ils parlaient  d'oiseau de bon ou de mauvais augure.

L’expression "Les dés sont pipés" provient du langage de la chasse de jadis. On attirait les oiseaux sur des branches engluées avec des sortes de pipeaux. Ceci s'appelait "attirer les oiseaux à la pipée". Plus tard, le sens se transposa au figuré et on employa cette expression pour démontrer que l'on avait été trompé, en particulier dans le domaine du jeu.

"Parler comme une vache espagnole" est également une locution troublante, car Frankie ignorait que ce ruminant pratiquait une langue ibérique. La première explication, concernant les origines de cette expression, serait une altération du mot "vasces" qui signifiait "basque". Ainsi, on aurait pu dire "parler le français comme un Basque espagnol". Il pourrait également s'agir d'une déformation du mot "basse" qui signifiait "servante", autrement dit une femme de basse souche. Quoiqu'il en soit, la formule a toujours connoté quelque chose de médiocre. Ainsi, l'expression, qui date de 1640, signifie que l'on parle très mal une langue étrangère.

La chandelle est un objet qui a eu tant d’importance dans l’histoire des hommes, qu’on la retrouve dans quantité d’expressions. La chandelle était, comme le vin et le pain, un objet essentiel de la vie quotidienne.chandelle.jpg En 1464, on ne disait pas "voir 36 chandelles", mais "voir les chandelles". Au fil du temps, on est passé "des chandelles", à mille, voir cent mille, puis à 36. Cette expression signifie que l'on est tout étourdi, soit à la suite d'un choc physique, soit à l'annonce d'une nouvelle bouleversante. Cela dit, n'oubliez jamais d'être reconnaissant, car mieux vaut "devoir une fière chandelle" à ceux qui vous ont sauvé (au sens propre comme au sens figuré) que de "voir 36 chandelles". Dans cette expression la chandelle n'est pas considérée comme un objet cher, mais comme un objet porteur de lumière. Lorsque l'on est étourdi, ne voit-on pas comme des petits points lumineux dont l'image utilisée pour les décrire fut, dès le XVe siècle, celle des chandelles ? L'évolution de cette expression est étonnante. D'abord indéfini, on voyait des chandelles. Puis on se mit à voir mille chandelles, puis cent mille chandelles : la surenchère aurait pu aller bon train, mais à notre époque nous sommes plus timorés, ou plus économes, et nous ne voyons que trente-six chandelles.

Mais le 36, c’est aussi :

  • Le numéro atomique du krypton, un gaz rare.
  • Sur un piano, le nombre de touches noires.
  • L'indicatif téléphonique international pour appeler la Hongrie.
  • Le nombre dans l'expression française : il n'y a pas 36 solutions.
  • Les trente-six stratégies sont une collection chinoise de 36 proverbes commentés comme des tactiques militaires.
  • Le numéro d'un département français, l'Indre.
  • Le nombre d'années de mariage des noces de mousseline.
  • Certains ordinateurs sont 36 bits.
  • Le nom d'une chanson de System of a Down.
  • Le nombre est historiquement associé au 36, quai des Orfèvres, bâtiment historique de la Police Judiciaire de Paris, situé sur l’île de la Cité à Paris.
  • Années historiques : -36, 36 ou 1936.

"Tenir la chandelle" est une expression familière et très ancienne que nous avons tous employés à l’adolescence dans des circonstances parfois humiliantes. Au sens propre, c’est avoir des complaisances honteuses pour un commerce de galanterie. En des termes plus actuels, c’est assister, avec plus ou moins de satisfaction, à des ébats amoureux. A l’origine, située aux alentours de 1830, cette expression n’impliquait pas l’intention de voir : il suffisait d’éclairer. Parmi les coutumes qui entouraient la nuit de noces de prescriptions déplaisantes, figurait celle qui imposait à un garçon d’honneur la tâche d’éclairer le coucher des mariés ; ce "chandelier" humain devait néanmoins tourner le dos. Ouf !

"Brûler la chandelle par les deux bouts", c’est dépenser à tort et à travers, gaspiller, mais aussi, plus largement, se dépenser, vivre avec excès. Expression très ancienne qui date du XVIème.

A l’inverse, certains font des "économies de bouts de chandelle", c’est-à-dire des économies insignifiantes. Il est possible que l’expression vienne de l’habitude pour certains domestiques de revendre les bouts de chandelle et de bougies non consumées aux ciriers. L’idée de l’expression est non seulement celle d’économies inefficaces, mais aussi de mesquinerie un peu sordide.

Lorsque "Le jeu n’en vaut pas la chandelle", cela signifie, dans l’usage courant, que cela n’en vaut pas la peine, ni les frais envisagés. Cette expression date du XVIème siècle et le jeu en question est à l’origine de toute activité où l’on a besoin de s’éclairer (jeu de cartes ou de table). Si le jeu n’est pas intéressant, il ne vaut pas la chandelle qu’on dépense pour l’éclairer. On est passé du domaine du jeu à tout type d’activité : "pour obtenir ce travail, il faudrait faire la cour au patron et au sous-chef : le jeu n’en vaut pas la chandelle".

Et puis quand quelqu’un vous a rendu un grand service, vous a délivré d’une charge, d’un problème, a réglé une situation difficile, vous direz que vous lui devez "une fière chandelle". Cela signifie que vous avez une dette de reconnaissance envers lui. A l’origine de cette expression, une pratique religieuse qui consistait à faire brûler un cierge à l’église pour remercier un saint de l’aide qu’il vous a apportée. Mais alors pourquoi "fière" ? Le mot ne vient pas de l’adjectif "fier", mais de fidare (confier, vouer, se fier) dans une idée de fidélité, de foi.

Passons maintenant à toutes ces petites expressions du quotidien :

"C’est la croix et la bannière" : il arrivait souvent, au XVe siècle, que des cortèges religieux accompagnent les personnages importants. En tête, se trouvaient des hommes qui portaient la croix, et d'autres qui portaient une bannière, celle-ci servant à différencier la paroisse de la confrérie. Ces cortèges demandaient beaucoup d'organisation et de rigueur. C'est pourquoi, on emploie cette expression depuis la fin du XVe siècle, pour qualifier une situation qui demande beaucoup de méticulosité. On a également dit aux XVIIe et XVIIIe siècles : "Il faut la croix et de l'eau bénite". Par extension, l'expression signifie également que quelque chose est difficile et complexe à réaliser.

"Une vérité de la Palice" est une formule faisant référence à Jacques de Chabannes, marquis de La Palice, qui naquit en 1470. En 1515, il devint maréchal de France et brilla lors des plus grandes batailles, dont celle de Pavie où il trouva la mort. Au XVIIIe siècle, une chanson écrite par Monnoye ironisa sur les vertus de La Palice. Cette chanson populaire comptait 51 couplets dans lesquels on trouvait des affirmations tellement évidentes qu'elles en devenaient ridicules. On cite souvent à titre d'exemple les paroles suivantes : "Il mourut le vendredi / le dernier jour de son âge / s'il fût mort le samedi / il eut vécu davantage". Depuis, on parle d'une vérité de La Palice lorsqu'une chose est tellement évidente qu'elle en est risible.

Au XIVe siècle, une "dalle" était une sorte de gouttière. Au sens figuré, il s’agissait de la gorge, l’œsophage. Ainsi l’expression "Avoir la dalle en pente" signifiait-elle "boire souvent et beaucoup d’alcool". Vers la fin du XIXe siècle est apparu "Avoir la dalle" dont le sens est "avoir un gros appétit". Aujourd’hui, on emploie cette expression pour dire qu’on a très faim.

Si durant les fêtes de fin d’année, vous avez "porter un toast", sachez qu’en ancien français, le "toste" désignait une tranche de pain grillé que l'on trempait dans du vin. Vers 1700, on disait que l'on "toastait une dame" lorsque l'on buvait à sa santé. Par extension, l'expression "porter un toste" s'est appliquée aussi bien aux hommes qu'aux femmes.

Tout comme "sabler le champagne", expression apparue à la fin du XVIIIe, provenant du verbe "sabler", du siècle précédent, qui signifiait "boire un verre d’alcool d’un seul trait". En fait, à cette époque, on soufflait dans la coupe pour l’enduire de buée, puis on la saupoudrait de sucre. De cette façon, le vin était encore plus pétillant, mais il fallait le boire rapidement. La notion de rapidité pourrait aussi rappeler celle dont il faut user pour couler un métal en fusion dans un moule de sable fin, opération nommée "sablage".

Lorsque vous donnez involontairement des arguments à une personne, c’est que "vous apporter de l’eau à son moulin". Au XIIe siècle, cette formule signifiait que l'on procurait à quelqu'un (ou à soi-même) un avantage matériel. Aujourd'hui, le sens est plus figuré : il s'agit plutôt de donner involontairement à une personne qui soutient une thèse opposée à la nôtre, des arguments pour nous contredire. "Apporter de l'eau à son (propre) moulin" correspond donc à trouver, lors d'un débat, des arguments qui joueront en notre faveur.

"La corne d’abondance" est la source d’abondantes richesses. corne d'abondance.jpgLa mythologie grecque raconte que la mère de Zeus confia son enfant, dès sa naissance, à la chèvre Amalthée. Elle craignait en effet que le bébé ne soit mangé par son père, Cronos. Un jour, Zeus cassa une des cornes de sa nourrice. Plus tard, pour se faire pardonner, il donna à cette corne le pouvoir d’abonder de fleurs et de fruits. Cette "corne d’abondance" est devenue la représentation de la richesse et de la fécondité.

Etymologiquement, les mots "bol" et "pot" signifient en argot "anus". Au sens figuré, ils désignent la chance. D’où l’expression "Avoir du bol", ou la variante "Avoir du pot" et forcément « avoir du c..l »

"Rentrer bredouille" est une expression qui vient du "trictrac", jeu très en vogue du XIIe au XIXe siècle. Il se jouait à deux personnes, chacune ayant deux dés et quinze dames. Le but était de gagner douze trous. Lorsqu'un joueur gagnait tous les trous, sans même que son adversaire ait le temps de jeter ses dés, on disait qu'il "jouait bredouille". "Etre mis en bredouille" signifiait donc que l'on n'avait rien gagné du tout. L'expression a ensuite pris le sens "être ivre", puis  pour les femmes, lors d'un bal, "ne pas avoir été invitée à danser" ; et enfin, au XIXe siècle, elle s'est appliquée au domaine de la chasse et a pris le sens de "rentrer sans gibier". Aujourd'hui, elle sous-entend que l'on n'a pas obtenu ce que l'on cherchait.

"Tirer son épingle du jeu" proviendrait du XVe siècle. On dit que les fillettes jouaient à un jeu qui consistait à placer des épingles dans un cercle dessiné près d'un mur. Elles devaient ensuite les faire sortir avec une balle, en réussissant à ce que celle-ci frappe le mur et vienne ensuite ricocher dans le cercle. Au minimum, il fallait récupérer ce que l'on avait mis en jeu. Ainsi, "tirer son épingle du jeu" signifie que l'on réussit à sauver sa cause, ses intérêts propres.

"Un nom à coucher dehors" est une expression aux origines surprenantes. Elle provient en effet d'une époque où lorsqu'une personne était perdue et devait demander le gîte à des inconnus, il valait mieux pour elle qu'elle ait un nom à résonance "chrétienne" pour que quelqu'un accepte de lui offrir un endroit où passer la nuit. Il en était de même dans les auberges où les personnes dont le nom était le plus bourgeois avaient le plus de chances d'obtenir une chambre. Ainsi, les autres allaient dormir dehors. C'est pour ces raisons que l'on dit "avoir un nom à coucher dehors", dont le sens aujourd'hui est différent, en apparence, puisqu'il s'agit simplement d'avoir un nom compliqué à prononcer ou à retenir. Bien qu'en y réfléchissant... Frankie n'est pas sûre que les choses aient vraiment changé depuis...

"Avoir un coup de pompe" est une expression apparue vers 1920 qui trouverait son origine dans l’aviation. On aurait effectivement appelé "coup de pompe" les chutes brusques subies lors du passage dans un trou d’air. On comparerait donc la chute de tonus ressentie à ces "coups de pompe", d’où l’expression employée actuellement.

Au Moyen Age, "Etre au bout du rouleau" signifiait : ne plus avoir de ressources, avoir utilisé toutes ses pièces. Jusqu’à cette période, le "role" était une sorte de bâton d'ivoire ou de buis sur lequel les anciens collaient des parchemins, et qui faisait office de livre. Plus tard, ce mot s'est transformé et a servi à désigner d'autres types d'objets. Quand le parchemin était de petite taille, on l'appelait un "rollet". Ce nom s'est appliqué au domaine du théâtre où l'on disait d'un comédien qui avait obtenu un petit rôle, qu'il avait un "rollet", soit peu de répliques, et par extension, peu d'arguments. A partir du mot "role" est également apparu le "rouleau", diminutif de "role de papier", qui désignait les rouleaux de papier que l'on connaît encore aujourd'hui et qui servaient déjà à l'époque à ranger les pièces de monnaie. Le sens de "Etre au bout du rouleau" s'est aujourd’hui étendu à tout type de ressources physiques ou morales.

Dans les années 1920, le mot "vapes" faisait partie de l'argot des voyous qui l'employaient pour figurer une sorte d'hébétude due à la consommation de drogues ou d'alcool. On disait alors qu'une personne était "à la vape". L’expression "Etre dans les vapes" n'a été utilisée qu'à partir des années 60, signifiant toujours que l'on est dans une sorte de "brouillard", voire que l'on s'est évanoui.

La locution "Passer l’arme à gauche" provient du langage militaire. Au XVIIe siècle, quand les soldats devaient charger leur fusil, ils le tenaient de la main gauche, afin de pouvoir utiliser leur main droite et être plus à l’aise. Cependant, les mouvements à effectuer étaient longs et nombreux, laissant les soldats très vulnérables. "Passer l’arme à gauche" pouvait donc à ces occasions être synonyme de mort. De plus, lors des funérailles avec les honneurs militaires, les soldats passaient leur arme à gauche, canon vers le sol, en signe de deuil et de respect envers le défunt. avocat diable.jpg

"Se faire l’avocat du diable" est une expression qui nous vient tout droit du Vatican. On appelait ainsi le "promoteur de la foi", celui dont le rôle était de mettre en doute les mérites d’une personne que l’on proposait à la canonisation.

"Tenir le haut du pavé" résulte du fait qu’autrefois, le sol des rues était concave pour permettre l’écoulement des eaux au centre. Le haut du pavé se situait donc en bordure des maisons, sorte de trottoirs étroits. Lorsque l’on rencontrait un haut personnage, il fallait lui céder la place pour qu’il ne soit pas éclabousser. Hum, Hum !

Certains d’entre vous se sont mis sur leur "trente et un" pour la Saint-Sylvestre. Il existe deux versions à l’origine de cette expression. L’une viendrait du drap de trentain, tissu de qualité et coûteux. Une autre version lui attribue son origine au jeu de carte le "31", très en vogue au XIXème siècle. Le 31ème point étant le gagnant.gorgone.jpg

L’expression "être médusé" vient de la gorgone Méduse qui changeait en pierre celui qui croisait son regard. Persée lui trancha la tête et de son sang naquit Pegase, le cheval ailé.

"Etre laconique" vient des habitants de la Laconie. Les spartiates étaient réputés pour leur austérité de mœurs, mais également de langage d’une rare brièveté. Ainsi, pour annoncer à leurs concitoyens la victoire sur Athènes, à la fin de la guerre du Péloponnèse, ils se contentèrent de dire : "Athènes prise".

"Battre la chamade", contrairement à ce que l’on croit, n’a rien à voir avec le battement d’un cœur amoureux. La chamade était un signal militaire que donnaient les assiégés d’une ville pour indiquer qu’ils voulaient se rendre ou engager des pourparlers.

"Se mettre en rang d’oignons" laisse entendre que c’est une expression liée au jardinage et aux plants d’oignons soigneusement rangés ! Bien non ! L’expression vient d’un grand maître de cérémonies à la cour des Valois, Artus de la Fontaine Solaro, baron d’Oignon, qui assignait leurs places aux seigneurs. Il avait coutume de s’écrier : "serrez vos rangs, Messieurs, serrez vos rangs"... et les seigneurs de se moquer des rangs d’Oignon.

"S’en moquer comme de l’an quarante" est une locution qui fait référence à l’an quarante du calendrier républicain. L’expression vient des royalistes qui ne croyaient pas que la république survivrait cette année de l’an quarante. Elle se rapproche d’une expression utilisée depuis les Croisades : "s’en moquer comme de l’Alcoran (le Coran)".achille.jpg

"Le talon d'Achille", l’expression localisant le point faible où l'on peut vous blesser vient de la mère d'Achille, la Néréide Thétis, épouse du simple terrien Pélée, qui ambitionnait l’immortalité pour son fils. Pour cela, elle plongea Achille en le tenant par un pied, dans le Styx, le fleuve réservé aux Dieux. C'est ainsi que le talon non immergé resta vulnérable. C'est à cet endroit que se planta la flèche de Pâris, mettant fin aux exploits du plus fameux des héros grecs. Merci maman !

"Parler comme Saint-Jean Bouche d'Or", c’est avoir une franchise de parole, sans mensonge, avec aisance et assurance. Sachez que Saint-Jean Bouche d'Or a existé. C’était le patriarche de Constantinople au IVe siècle, célèbre pour les vérités et réflexions qu'il n'hésitait pas à proclamer lors de ses homélies. Or, au travers des siècles, nous avons assisté à un léger dérapage, car aujourd’hui l’expression ne relève pas de l’exploit à dire la vérité, mais à révéler des choses qui doivent être tues…

"Passer sous les fourches caudines", c’est, en clair, devoir accepter des conditions sévères, ruineuses et humiliantes. Cette expression vient de la peine infamante du joug, dans le défilé de Caudium, pour les Romains en 321 av. J.C., qui consistait à passer en se courbant, les mains liées dans le dos, sous une pique ou une fourche tendue à l'horizontale.oeuf.jpg

Suite à sa découverte du nouveau continent, Christophe Colomb rencontra ses détracteurs qui trouvaient que cela n'avait pas du être bien difficile. Christophe Colomb les invita, en réponse à leurs attaques, à essayer de faire tenir un œuf debout sur sa pointe. Aucun n'y parvint. Christophe Colomb, à son tour, prit un œuf dur, le cassa à sa base et posa l'œuf droit sur la table. Tout un chacun s'écria : "Quoi de plus facile !", et Colomb de leur répondre : "Certes, encore fallait-il y penser !".

En dépit d’une avantageuse situation, nous ne sommes jamais à l'abri d'un danger ou d'un problème, d'où l'expression "l’Epée de Damoclès". Damoclès, courtisan du tyran de Syracuse, Denys l'Ancien, vantait toujours le bonheur de son roi. Un jour, celui-ci lui dit : "Tu envies ma place, prends-la". C'est en dégustant les vins et les mets les plus merveilleux installés sur un lit couvert de pétales de fleurs, qu'il vit, au-dessus de lui, une lourde épée accrochée seulement par un crin de cheval. Il s'enfuit sans demander son reste ayant compris que toutes situations, tous bonheurs ou élévations dans la société, se paient en retour par de grands risques ou de plus grandes responsabilités.

"Le tonneau des Danaïdes" représente une situation, la mémoire, une émotion que l'on ne peut combler, ou l’avidité. Les cinquante filles de Danaos, les Danaïdanaides.jpgdes, suite au meurtre de leurs cinquante époux, furent envoyées en Enfer et condamnées à employer leur temps à remplir un tonneau au fond percé.

"La pomme de Discorde" fait référence à un sujet de désaccord, de querelle ou de division. Eris, la Discorde, furieuse de n'être pas admise aux noces de Thétis et de Pélée, qui rassemblaient déesses et dieux, lança sur la table du banquet une pomme portant l'inscription "pour la plus belle". Aussitôt, les trois grandes divinités, Vénus, Minerve et Junon se la disputèrent. On fit appel à l'innocence d'un jeune berger, fils du roi de Troie, pour les départager. Celui-ci donna la pomme à Vénus qui devint ainsi sa protectrice et lui permit d'enlever Hélène, l'épouse de Ménélas, déclenchant la guerre de Troie.

Une situation compliquée qui ressemble à un sac de nœuds, d'apparence inextricable, est un "nœud gordien". Un oracle promit l'empirnoeud gordien.jpge du monde à celui qui parviendrait à défaire un nœud si serré et enchevêtré, rattachant le joug au timon d'un char, dont on ne voyait pas les deux extrémités. Ce char était celui du laboureur Gordias, qui devint roi de Phrygie, après être arrivé premier au temple de Jupiter, durant une course. Alexandre, après plusieurs tentatives infructueuses, pensa à trancher le nœud d'un coup d'épée.

L’expression "dans les bras de Morphée" équivaut à passer une bonne nuit de sommeil. Morphée, fils d'Hypnos, personnification du Sommeil dans la mythologie grecque, est le songeur né de la Nuit qui touche les mortels d'une fleur de pavot et qui les endort dans ses bras d'un sommeil plein de rêves.

Celle-ci est pour ceux qui croient que l’expression pour indiquer les déceptions éprouvées suite à de grands espoirs financiers est "ce n’est pas le Mexique". Que nenni, l’expression consacrée est "ce n'est pas le Pérou". Le Pérou devint le symbole de l'enrichissement suite aux fortunes et objets précieux, or, argent, rapportés par les galions espagnols au XVIe siècle.

"Une victoire à la Pyrrhus" c’est gagner beaucoup mais en ayant fait de gros investissements. Pyrrhus, roi d'Albanie, battit les romains par deux fois quand il débarqua en Italie (280-279 av. J.C.) mais au prix de considérables pertes au niveau de ses soldats. Il dit alors : "Encore une victoire comme celle-là, et je suis perdu".

"Casser du sucre sur le dos" est une expression remontant à 1868. Le verbe "casser" montre bien la notion de destruction, physique ou orale, d’une personne ou d’une chose. En argot, "sucrer" signifiait à cette époque "maltraiter". On disait également dès le XVIIe siècle "se sucrer de quelqu’un", le prendre pour un idiot. "Casser du sucre" revient donc à "dire des ragots". Quant à la notion de "dos", elle symbolise la responsabilité d’une personne.

"Un coup de Trafalgar" est un coup imprévu et souvent désastreux. Le 21 octobre 1805, l'amiral Nelson et sa flotte anglaise de vingt-sept unités, attaquèrent et détruisirent complètement  les trente-trois navires espagnols et français commandés par le duc de Gravina et l'amiral de Villeneuve, au nord-ouest du détroit de Gibraltar face au cap de Trafalgar.

tantale.jpg"Le supplice de Tantale" est un désir ou une envie que l'on ne peut atteindre. Le roi mythique de Lydie, Tantale, le fils de Zeus et d'une nymphe, pour éprouver la divinité des dieux qu'il recevait à sa table, leur servit les membres de son propre fils Pélops. Suite à cela, il fut précipité dans le Tartare et condamné à ressentir une faim et une soif dévorante sans jamais pouvoir les assouvir, bien qu'il fût plongé dans un lac entouré de vergers. Dès qu'il faisait le geste de boire ou de manger, le lac et les vergers disparaissaient.

"Franchir le Rubicon", c’est prendre une décision importante. César, voulant gagner du temps pour atteindre Rome, traversa une petite rivière "le Rubicon", interdite de passage par le Sénat romain sous peine de déclarer "traître à la patrie" tout chef militaire à la tête d'une troupe armée qui la franchirait. En enjambant cette rivière, Cesar dit : "Le sort en est jeté !".

"Œil pour œil, dent pour dent" est une expression qui provient de la "Loi du Talion" apparu en 1730 avant JC dans le code d'Hammourabi, alors roi de Babylone. Cette loi incitait à la vengeance individuelle, à condition que la peine soit identique au crime commis. Ainsi, si un homme se faisait couper une main, la loi du Talion l'autorisait à en faire de même sur son ennemi. "Œil pour œil dent pour dent" signifie que l'on souhaite infliger à une personne une vengeance égale à ce qu'elle nous a fait subir.

L'expression "mettre le feu aux poudres" provient du langage de la marine. On disait au XVIe siècle "mettre le feu aux étoupes". L'étoupe était utilisée pour fabriquer les mèches des armes. A cette époque, lorsque le capitaine du navire jugeait qu'un combat était perdu d'avance, il donnait parfois l'ordre de mettre le feu aux étoupes. Ainsi, le maître canonnier approchait une mèche des barils de poudre qui étaient entreposés dans le bateau, et tous les marins se jetaient par-dessus bord avant que l'embarcation n'explose. Les "étoupes" ont été remplacées par les "poudres" au XVIIIe siècle. Dans un sens plus ancien, l'expression signifiait "déclencher des passions amoureuses".

"Mentir comme un arracheur de dents" est une expression du XVIIe siècle faisant référence aux dentistes qui, autrefois, offraient leurs services sur les places publiques et dans les foires, affirmant que le patient ne souffrirait pas. On l’utilise toujours pour parler d’une personne qui ment sans aucun scrupule.

"Faire un tabac" vient du langage maritime du XIXe siècle. On appelait "un coup de tabac" une tempête soudaine qui endommageait la coque des bateaux. Cette expression s'est étendue au bruit provoqué par le tonnerre lors d'un orage, et par extension, au "tonnerre d'applaudissements" qui se fait entendre lors d'une représentation théâtrale réussie.

"L’affaire est dans le sac" nous vient de l'Ancien Régime. On réunissait les pièces et les documents d'un procès terminé dans de grands sacs de toile ou de cuir. Le juge déclarait "l'affaire est dans le sac" lorsqu'elle était classée et que l'on ne reviendrait plus dessus.

"Tous les chemins mènent a Rome" est une expression qui s’inspire des fameuses voies romaines, construites en étoile autour de Rome, pour que toutes les marchandises et autres richesses puissent arriver dans la ville. Ces voies étaient assez larges pour permettre à deux chars de se croiser ; les romains avaient également construit des trottoirs sur lesquels les piétons pouvaient circuler sans danger. Tous les douze kilomètres environ, on trouvait de quoi manger et dormir. En quelque sorte, tout convergeait vers Rome. L'expression "tous les chemins mènent à Rome" indique qu'il n'y a pas une façon unique d'atteindre un objectif, même si les autres moyens peuvent être plus longs et complexes.

Si de nos jours, "avoir du pain sur la planche" signifie avoir en perspective beaucoup de tâches fastidieuses à accomplir, le sens de cette expression était bien différent à la fin du XIXe siècle. Cela signifiait que l’on avait assez de réserves pour affronter l’avenir. A cette époque, les paysans préparaient de grandes quantités de pain qu’ils conservaient sur une planche de bois fixée au plafond. Par la suite, l’expression a pris le sens "d’avoir de quoi vivre sans devoir travailler". Le sens actuel "avoir du travail en réserve" semble n’être apparu qu’au début du XXe siècle. Mais une autre explication est plausible :  au XIXe siècle, le tribunal distribuait les rations de pain aux accusés qui devraient s’acquitter de longues peines de travaux forcés. C’est de là que viendrait l'idée de longueur et de pénibilité formulée dans cette expression. Une autre hypothèse se base sur la formule "du pin sur la planche" faisant référence au menuisier qui travaille une planche de pin.

"Mettre sa tête à couper" vient du Moyen Age. Lorsque les enquêtes concernant la culpabilité d'une personne s'annonçaient longues et fastidieuses, on préférait tete coupee.jpgsoumettre les accusés à une épreuve appelée le "jugement de Dieu". Celle-ci existait de différentes manières. Il pouvait s'agir de tournois, de duels, mais également d'autres formes d'épreuves beaucoup plus radicales. On attachait parfois un accusé par les poignets et par les chevilles, et on le jetait dans l'eau. Si son corps flottait, il était déclaré coupable. Il pouvait également s'agir de tenir dans ses mains une barre de fer sortant des braises, ou encore de laisser sa main dans les flammes. Si elle en ressortait indemne, cela signifiait que l'on était  innocent. "Mettre sa tête à couper" est donc une référence à ce "jugement de Dieu" ; on l'emploie lorsque l'on cherche à convaincre une personne que l'on a raison.

Pourquoi Capharnaüm est désordonnée ? Les laconiens laconiques ? L’an quarante de peu d’importance ? Les carottes toujours cuites ? Et si La Palice n’avait jamais émis la moindre lapalissade ?

Bonne année à tous ! Et n'oubliez pas : "Qui veut aller loin, ménage sa monture"

 

 
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