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20/04/2007

Loose change 2 : un petit tour au pays de la Liberté

Lors de la chronique intitulée "Frankie aimerait bien refermer la boîte de Pandore", un ami a envoyé à Frankie un lien sur une vidéo et un mail qui disait ceci : "La boîte de Pandore a été ouverte depuis bien longtemps hélas, mais ceux qui ont fait ça, on définitivement fait sortir le pire de cette humanité à la dérive..."medium_statue.2.jpg

A trois jour du premier tour des élections, Frankie vous propose un petit clic au pays de la liberté "fantôme" : certains penseront, une fois encore, que la paranoïa nous gagne. En ce qui concerne la liberté individuelle et la liberté tout court, nous ne serons jamais assez paranoïaques.

Et pour ceux qui n'ont pas lu "Un avertissement prophétique", sachez que dans son discours d'adieu du 17 Janvier 1961, le président (et ancien général) Dwight Eisenhower avait averti les Américains que le lobby militaro-industriel pourrait faire planer un jour une menace sur la liberté et la démocratie : medium_Eisenhower3.jpg"La présence simultanée d'un énorme secteur militaire et d'une vaste industrie de l'armement est un fait nouveau dans notre histoire. Cette combinaison de facteurs a des répercussions d'ordre politique, économique et même spirituel, perceptibles dans chacune de nos villes, dans les chambres législatives de chacun des États qui constituent notre pays, dans chaque bureau de l'administration fédérale. Certes, cette évolution répond à un besoin impérieux. Mais nous nous devons de comprendre ce qu'elle implique, car ses conséquences sont graves. Notre travail, nos ressources, nos moyens d'existence sont en jeu, et jusqu'à la structure même de notre société. Dans les organes politiques, nous devons veiller à empêcher le complexe militaro-industriel d'acquérir une influence injustifiée, qu'il l'ait ou non consciemment cherchée. Nous nous trouvons devant un risque réel, qui se maintiendra à l'avenir: qu'une concentration désastreuse de pouvoir en des mains dangereuses aille en s'affermissant. Nous devons veiller à ne jamais laisser le poids de cette association de pouvoirs mettre en danger nos libertés ou nos procédures démocratiques. Nous devons nous garder contre le risque de considérer que tout va bien parce que c'est dans la nature même des choses. Seul un ensemble uni de citoyens vigilants et conscients réussira à obtenir que l'immense machine industrielle et militaire qu'est notre secteur de la défense nationale s'ajuste sans grincement à nos méthodes et à nos objectifs pacifiques, pour que la sécurité et la liberté puissent prospérer ensemble."

 

 

01/02/2007

"Looking for Al Pacino" by Frankie

medium_lookingforrichard_portada.4.jpgEn 1995, sortait un film documentaire réalisé par Al Pacino " Looking for Richard " avec un casting des plus impressionnants : Alec Baldwin, Kevin Spacey, Winona Ryder, Aidan Quinn, Richard Cox, et dans leur propre rôle, sir John Gielgud, Derek Jacobi, Kenneth Branagh, Vanessa Redgrave, Kevin Kline, Peter Brook, Gil Bellows et James Earl Jones.

Al Pacino y présente la vision populaire de l’œuvre de Shakespeare au travers d’une pièce qu’il a lui-même jouée à deux reprises " Richard III ", probablement la pièce la plus complexe de l’écrivain britannique. Rôle terrible et magnifique qui a séduit - et continue de séduire de nombreux acteurs - et enthousiasmé les " romantiques " qui voyaient en lui un personnage quasi diabolique à la Byron.

medium_Richard3England.jpg

Al Pacino, - qui, pour la première fois de sa carrière, se retrouve avec trois casquettes : auteur du projet, réalisateur et acteur, - entreprend de nous parler de cette tragédie d’une sombre beauté dont les thèmes principaux sont le pouvoir, la convoitise et la trahison, véhiculés par le personnage central, duc ambitieux et cruel, homme coupable certes, mais ni monstre, ni démon.

La caméra est le reflet intime du regard que porte Pacino sur les acteurs ; elle s’insinue au travers des séances de lecture ou durant la redistribution des rôles, et devient contagieuse pour le spectateur durant le processus enthousiasmant du " jeu " auxquels les acteurs se laissent prendre. Tout en analysant scrupuleusement chaque rôle de la pièce, Pacino décompose les siècles de barrière qui entourent le langage Shakespearien, travail compliqué et des plus intimidants pour les acteurs auxquels il explique pourtant : " Vous n'avez pas besoin de comprendre chaque mot qui est dit, tant que vous obtenez l'essentiel de ce qui se passe "

Puis, la caméra fouille les coulisses et devient le témoin du processus réel de l'action. Tout en recherchant Richard, Pacino voyage avec les acteurs à l’intérieur et à l’extérieur, il suit leurs discussions, leurs oppositions et leurs révélations au sujet du jeu, et ses méthodes d’analyse sont perspicaces et souvent amusantes. Au travers des séquences filmées de la pièce, des interviews d’acteurs et de spécialistes du théâtre, Al Pacino va aussi à la rencontre d’inconnus dans les rues de New-York pour les interroger sur Shakespeare et sur sa pièce. Pacino reçoit une gamme de réponses qui va de " Richard qui ?" à  " Shakespeare nous a aidés et nous a instruits dans l'art du sentiment. " Pacino jubile : il questionne encore et encore, et sort des sentiers battus pour rendre Richard III et son auteur accessibles au monde moderne.

Par son film, Pacino cherche, avec le spectateur, à comprendre l'historique du travail et les méthodes utilisées par Shakespeare pour arriver à développer le portrait captivant de ce despote. Et il parvient à s'impliquer, et à nous impliquer, si totalement dans cette pièce, sans la démystifier, que nous finissons par vivre ce documentaire comme une méditation sur l’un des rois les plus obscurs et les plus célèbres d’Angleterre.medium_200px-Shakespeare_Globe_Theater_1_db.jpg

A chaque pas que fait Pacino, que ce soit dans les halls austères du Metropolitan Museum of Art de New-York ou dans le légendaire Shakespaere's Globe Theatre en Angleterre, il nous montre combien l’on peut apprécier Shakespeare à notre époque, et combien ses histoires restent intemporelles dans leur exploration de la nature humaine.

Pacino dit à un moment : " En juxtaposant la vie quotidienne des acteurs avec les gens de la rue, nous avons essayé de créer une mosaïque comique, un Shakespeare très différent. Notre but principal avec ce projet est de toucher un public qui habituellement ne participerait pas à ce genre de langage et à ce monde. "

Et ça fonctionne.

 

Ne soyez pas surpris par les métamorphoses de Pacino dans le film, elles sont là pour illustrer le nombre d'années qu’il lui a fallu pour réaliser ce film. L'accomplissement de ce documentaire a marqué le point culminant d'un voyage commencé par cet immense acteur, il y a des décennies.

medium_richard.gifFrankie a une passion pour le théâtre en général, pour Shakespeare et Al Pacino en particulier, aussi les trois étaient réunis pour provoquer chez elle une déferlante d’enthousiasme, nullement démentie depuis la sortie de ce petit bijou.medium_pacino.3.jpg

Ca n’a pas été le cas d’un critique qui a écrit ceci lors de la sortie du documentaire en dvd :

medium_s1.gif" Si Looking for Richard est consacré au célèbre écrivain britannique, il en dit long sur l’homme Al Pacino et sur son narcissisme exacerbé comme l’atteste un casting monumental(). Indigeste comme du Shakespeare, le film de Pacino, informe, apparaît donc comme une séance de masturbation intellectuelle pour étudiants en lettres doublé d’un trip branché pour artistes intellos. ()Pure boursouflure cinématographique pompeuse en diable, Looking for Richard va, par conséquent, totalement à l’encontre du but qu’il s’était fixé en ne faisant que conforter les clichés populaires sur le théâtre. "

Si comme ce critique vous jugez Shakespeare indigeste, détestez les acteurs narcissiques, et un casting de grandes pointures, laissez tomber, excepté si une pointe de curiosité vous titille.medium_LookingforRichard1.jpg

En revanche, si comme Frankie vous vous sentez l’âme d’une étudiante en lettres aimant les trips branchés pour artistes intello, alors foncez car il n’y aura jamais rien de mieux que des gens intelligents qui vous font partager leur passion avec générosité, et c’est le cas lorsque Pacino nous parle de Richard et de William.

 

 

medium_jack-russel.2.jpgFrankie dédicace cette chronique à "Jack" à qui elle souhaite un jour de monter sur les planches avec un rôle de ce genre !medium_homme_sans_visage.jpg

 

Chuuut !!! Frankie ne peut pas en dire plus !

 
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