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07/03/2007

Frankie et les chasseurs d'immortalité

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Anne Rice, au travers de sa série de livres consacrée aux aventures de Lestat, notamment, "Entretien avec un vampire", aborde le thème de l'immortalité et des interrogations spirituelles et philosophiques qui en découlent avec beaucoup plus de sérieux que ne le prétendent certains intellos désabusés.

Comment vivre en sachant que l'on a l'éternité devant soi ? Comment concilier la sensation exaltante d'être l'égal d'un dieu, d'être enfin débarrassé des peurs liées à la maladie, la souffrance et la mort, avec celle vertigineuse de devoir vivre des siècles sans savoir quoi faire de ces milliers et milliers de jours et de nuits à venir ? Il est vrai que dans les romans d'Anne Rice, le mythe romanesque du vampire, buveur de sang, qui garde néanmoins la conscience de ce qu'il fût, est aussi associé à la solitude, ou à la seule compagnie d'êtres lui ressemblant. Fatalement, tout n'est que lassitude, suivie de mélancolie, humeur très humaine, s'il en est. Au final, cette immortalité-là n'apparaît guère enviable.

Frankie a revu récemment un épisode d'X-Files, (les mêmes intellos désabusés peuvent sourire, cette série est sans doute la plus visionnaire qui ait été réalisée), dans lequel il est aussi question d'immortalité : un homme, oublié par la mort, la traque indéfiniment, au moyen d'un appareil photo, partout où elle frappe, dans le seul espoir que la faucheuse le voit enfin, et le prenne. Les souvenirs des temps heureux lui font défaut, il ne sait même plus ce qu'il fait sur terre. Il lui est impossible de se lier aux humains du fait de son immortalité.

Dans ces deux cas de figure, le sujet récurrent est avant tout la solitude. Mais qu'en serait-il si nous devenions tous immortels ? Sigmund Freud déclarait : « Au fond, personne ne croit à sa propre mort, et dans son inconscient, chacun est persuadé de son immortalité. »

Cette sensation d'invincibilité que procure la jeunesse où l'on croit que demain sera toujours suivi de lendemains, incertitudes et réflexions lorsque la mort nous rattrape de façon sournoise, frontale et abjecte. D'où une prise de conscience cruelle de cette finalité pour tous : ce qui vit, meurt. Demandez autour de vous que l'on vous donne le contraire de "mort" : souvent vous entendrez spontanément "vie". Or le mot "naissance" est davantage approprié. Considérer la mort comme la fin naturelle d'un cycle, et l'accepter comme telle, incite les êtres à vivre chaque instant intensément, sachant qu'il peut être le dernier ; mais, dans nos sociétés occidentales, la mort reste un sujet tabou et lorsque enfin nous osons l'aborder de face, c'est souvent qu'un drame personnel nous y oblige. Et là forcément, nos interrogations se tournent vers la philosophie ou la religion. Rarement vers la science.medium_mort.jpg

Il existe pourtant un petit groupe de scientifiques que l'on pourrait baptiser "les chasseurs d'immortalité", des prophètes d'un genre nouveau, qui se situent à la frontière de la science et de la science-fiction, et partagent un même objectif : "Tuer la mort !" Utopie ? Folie ? Leurs expériences et leurs projections dans le futur ne le sont peut-être pas autant que cela. Apprentis-sorciers certes, mais les hommes de science ne le sont-ils pas ? Pour ces traqueurs de la mort, le vieillissement ne serait pas une fatalité, mais une maladie qu'il faut combattre. Ces scientifiques, experts en biologie, en génétique, ou encore en informatique, visent la "longévité éternelle", credo s'il en est de notre société moderne.

Le premier se nomme Aubrey de Grey : il a publié en 1997 dans Bioessays sa première découverte où il mettait à jour des processus, avant lui inconnus, dans les "mitochondries" : des structures internes à la cellule qui libèrent de l'énergie. Cet homme est informaticien au département de génétique de l'université de Cambridge. Il estime que notre vision de la vie est imprégnée de fatalisme, et que cela empêche les scientifiques de réfléchir au moyen de traiter le vieillissement alors que les avancées de la science le permettent. Il a identifié sept phénomènes principaux détruisant à terme nos cellules et a proposé sept stratégies pour les combattre. L'expérience qu'il rêve de concrétiser, réalisable, selon lui, d'ici sept à vingt ans, faire vivre une souris au-delà de cinq années, ce qui équivaudrait à cent cinquante pour un être humain.

Max More, lui, est certain que la science peut pulvériser toutes les limites. Il est docteur en philosophie et a formé un groupe, les "Extropiens" - extropie étant le contraire de l'entropie ou néganthropie en physique, qui n'est autre que la dégradation de l'énergie - réunissant spécialistes de l'intelligence artificielle, mathématiciens, théoriciens, tous estiment que l'humanité n'est qu'une phase transitoire et que la mort est un problème que la science peut résoudre. En conclusion, pour les "Extropiens", l'immortalité serait de l'ordre des mathématiques et non du mystique. Max More combat le "pessimisme stagnant", comme il le nomme, représenté par les religions notamment, qui font accepter aux hommes l'idée d'un destin irréversible. Selon lui, grâce aux nouvelles technologies, nous pourrions devenir "post-humains" ; il deviendrait possible alors de suppléer à nos maladies qu'il considère comme des bugs, des défauts de programme, en réparant nos corps grâce à des implants d'organes bioniques. Le contenu du cerveau serait transféré dans des réseaux informatiques, comme on sauvegarde un disque dur, réalisant la symbiose entre esprit et machine. Après tout pourquoi pas ? Nous portons bien des lentilles de contact, des prothèses de hanche ou des pacemakers, et il existe aujourd'hui des prothèses du bras et de la main intelligentes dites "myoélectriques".

Quant à Ray Kurzwell, ingénieur de son état, il écrit dans son dernier livre "L'âge des machines spirituelles" : « Beaucoup de choses vont se passer dans les cent années qui viennent. Les avancées technologiques s'accélèrent et le prochain siècle en produira autant que les dix siècles précédents. Bien avant 2099, nous aurons par exemple les moyens de scanner mon cerveau et d'en enregistrer le moindre détail, chaque connexion neuronale, chaque concentration de neurotransmetteurs, chaque fente synaptique, chaque cellule. Puis nous pourrons le reproduire, le copier dans un ordinateur neuronal de capacité suffisante, afin de fabriquer une copie parfaite de mes pensées, de mes souvenirs, de tout ce que je sais faire. »

En conclusion, il affirme que vers 2040/2050, nous aurons une grande quantité d'intelligence non-biologique dans le cerveau, introduite sans opération chirurgicale, mais grâce à la nanotechnologie, de petits "nanorobots" qui suivront la circulation sanguine.

L'immortalité enfin atteinte sous la forme d'une fusion de l'homme et de l'ordinateur. Soudain, cela fait froid dans le dos, car si un gouvernement se mettait à nous implanter dans le cerveau un "nanorobot" pas plus gros qu'une tête d'épingle, Frankie pense au pire scénario qui soit : la centralisation du pouvoir de contrôle.

Avant eux, d'autres hommes ont cru à l'immortalité du corps : Alexandre le Grand, le médecin et philosophe arabe Avicenne, le théologien, mathématicien et astronome anglais Roger Bacon. Ils ont tous partagé la même espérance d'une immortalité physique. Mais aucun d'eux n'a trouvé la formule magique.

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Entre lectures vampiriques où les immortels ont des états-d'âme, au point de vouloir redevenir humains, et films où des "répliquants" sont plus humains que ceux qui les exterminent, Frankie flippe à l'idée de se trouver un jour transformée en femme bionique de série télévisée. Quant à la vision de ce monde transposé à l'infini, ça elle ne l'envisagera que si on lui garantit la parole de Dieu dans l'apocalypse de St Jean : « De mort, il n'y aura plus. De pleurs, de cris et de peine, il n'y en aura plus, car l'ancien monde s'en est allé. »

Restons raisonnable : entre menaces en tout genre et autres absurdités humaines, que l'on soit immortel ou non, il y a aura toujours un affreux jojo pour faire bugger les circuits !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

12/02/2007

Eisenhower : un avertissement prophétique...

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Dans son discours d'adieu du 17 Janvier 1961, le président (et ancien général) Dwight Eisenhower avait averti les Américains que le lobby militaro-industriel pourrait faire planer un jour une menace sur la liberté et la démocratie:

"La présence simultanée d'un énorme secteur militaire et d'une vaste industrie de l'armement est un fait nouveau dans notre histoire. Cette combinaison de facteurs a des répercussions d'ordre politique, économique et même spirituel, perceptibles dans chacune de nos villes, dans les chambres législatives de chacun des États qui constituent notre pays, dans chaque bureau de l'administration fédérale. Certes, cette évolution répond à un besoin impérieux. Mais nous nous devons de comprendre ce qu'elle implique, car ses conséquences sont graves. Notre travail, nos ressources, nos moyens d'existence sont en jeu, et jusqu'à la structure même de notre société. Dans les organes politiques, nous devons veiller à empêcher le complexe militaro-industriel d'acquérir une influence injustifiée, qu'il l'ait ou non consciemment cherchée. Nous nous trouvons devant un risque réel, qui se maintiendra à l'avenir: qu'une concentration désastreuse de pouvoir en des mains dangereuses aille en s'affermissant.

Nous devons veiller à ne jamais laisser le poids de cette association de pouvoirs mettre en danger nos libertés ou nos procédures démocratiques. Nous devons nous garder contre le risque de considérer que tout va bien parce que c'est dans la nature même des choses. Seul un ensemble uni de citoyens vigilants et conscients réussira à obtenir que l'immense machine industrielle et militaire qu'est notre secteur de la défense nationale s'ajuste sans grincement à nos méthodes et à nos objectifs pacifiques, pour que la sécurité et la liberté puissent prospérer ensemble."

Quelques autres citations...

"Nous sommes à la veille d'une transformation globale. Tout ce dont nous avons besoin est la bonne crise majeure, et les nations vont accepter le Nouvel Ordre Mondial."

David Rockefeller, fondateur du Groupe de Bilderberg et de la Commission Trilatérale

"Si c'était une dictature, ce serait beaucoup plus facile, tant et aussi longtemps que je serais le dictateur."

George W. Bush, 12 décembre 2000

"Aujourd'hui, l'Amérique serait outrée si les troupes entraient dans Los Angeles pour restaurer l'ordre. Demain ils en seront reconnaissants! Ceci est particulièrement vrai s'il leur était dit qu'un danger extérieur, qu'il soit réel ou promulgué, menace leur existence. C'est alors que les peuples du monde demanderont à être délivrés de ce mal. L'unique chose que tous les hommes craignent est l'inconnu. Confrontés à ce scénario, les droits individuels seront volontairement abandonnés au profit de la garantie de leur bien-être assuré par le gouvernement mondial."

Henry Kissinger, à la réunion 1992 du Groupe de Bilderberg à Evian


A la question d’Elise Lucet (émission "Pièces à conviction" courant 2005 où Nicolas Sarkozy présentait les grandes lignes de son projet de loi contre le terrorisme) :

"Vous parliez des libertés individuelles. Les Français qui nous regardent, j’imagine, souhaitent aussi être rassurés là-dessus. Ils souhaitent qu’on lutte contre le terrorisme et que leurs libertés individuelles soient préservées. Qu’est-ce que vous leur dites ?"

Nicolas Sarkozy a répondu : "Ecoutez, la première des libertés c’est de pouvoir prendre le métro et le bus sans craindre pour sa vie, pour soi ou pour les membres de sa famille. Cela me paraît quand même plus important que tout le reste." 

Que pensez-vous de cette alternative ?

La planche 79 des " Désastres " de Francisco Goya : la fée de la Liberté est étendue morte sur le dos, poitrine exposée. Des personnages fantomatiques jouent autour du cadavre tandis que des moines creusent sa tombe. "Murió la verdad".  La vérité est morte. 

"(...) Nous ne trouverons jamais les réponses si nous ne pouvons pas poser les bonnes questions."

Daniel Estulin (commentateur politique espagnol)

 

 

 
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