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15/01/2008

En attendant Frankie...

09-05-08_2041.jpgDepuis six mois, Frankie fait des apparitions sporadiques à sa fenêtre, pourtant toute nouvelle... Mais depuis six mois, Frankie a endossé tant de casquettes qu'elle ne sait plus si elle habite au 8ème étage, au rez-de-chaussée, si c'est au Nord, au Sud, ou à l'Est : pour sûr, elle se sent à l'ouest. Elle a délaissé ses fidèles, ses amis, et a laissé le soin aux nouveaux venus de fouiller à leur convenance dans ses "tribunations".

Frankie s'est transformée un temps en déménageur, avant d'emménager, puis a aidé à déménager.déménageur.jpg Elle s'est vue, durant deux mois et demi, investie de la haute mission de "chef de chantier", de quoi ne plus jamais faire de travaux de toute sa vie, puis en inspecteur des travaux finis, une fois que ces derniers n'en finissaient pas de se finir ; elle a aidé à réaménager, a trouvé le temps de crapahuter une semaine dans le Vercors en compagnie de son compagnon à quatre pattes et de trois extra-terrestres à l’allure humanoïdes, avec lesquels elle aurait bien emménagé, pour finir dans la peau d'une juriste procédurière afin de contrer une salade d'avocat.

Entre deux, elle vous a souhaité ses vœux de façon peu orthodoxe certes, mais du fond du cœur.

En attendant que Frankie revienne s'installer un peu plus durablement à sa fenêtre, elle vous « re » livre quelques une de ses meilleures chroniques ; un petit saut dans le temps, et l'occasion pour les nouveaux lecteurs de les découvrir plus rapidement.


dependance_alcool.jpgQuand l'alcool se fait no man's land

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Quand Frankie se retrouve face au roi Lézard, elle sait que Jim n'est pas mort

 

Quand Frankie a la tête dans les étoiles, c'est Carl Sagan qui guide sa route

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Quand Frankie s'embarque avec Corto,

Hugo Pratt n'est pas très loin

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Quvoeux-2008.jpgand il s'agit des voeux, ne réveillez pas Frankie

 

Quand Frankie s'approche trop près du soleil,

c'est Ariane qui la ramène sur terreicare.jpg

450px-Dakini_Tibet_Guimet_21107.jpg

 

Quand Frankie vous entraîne dans le sillage des messagères célestes, les Dakinis vous ensorcellent

 

 

 

 

 

Quand Frankie s'engage sur les sentiers de l'info parallèle, les Skull

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and Bones lui font froid dans le dos


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Quand Frankie looking for Al, c'est que Pacino looking for Richard

Quand Frankie s'emmêle les pinceaux,

c'est dans lathumb_blonde-jokes.gif couleur

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Quand Frankie fait son cinéma,

c'est un moment culte


Quand Frankie rencontre les tueurs de la mort, elle ne rêve plus d'immortalitémort.jpg

 

Quand Frankie passe la nuit avec Omar Khayyam,

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Et quand Frankie fait sa déclaration,

c'est à Del Castillo qu'elle l'adresse

Michel del Castillo.jpg

 

Et pour ne pas les oublier

PanchenLama.jpg

tenzin.jpg

 

06/06/2007

Un ex-flic, un livre, un blog

C'est l'histoire d'un ex-flic redevenu simple citoyen, exerçant aujourd'hui le métier de journaliste. A-t-il tourné la page de son ancienne vie ? Peu probable, car cette vie-là doit être difficile à oublier. En tout cas, l'homme est passé à autre chose : la photo, les voyages, beau métier que celui de reporter. Et pourtant, nombre d'enfants trouvent que le métier de policier est un beau métier et rêvent d'être un jour des redresseurs de torts tels leurs héros masqués ou non, volant au secours de "la veuve et de l'orphelin" ; mais voilà, la réalité a une toute autre résonance, et celle de cet ex-flic, l'écho d'un glas funeste.medium_get_photo.jpg

"Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l'une ni l'autre" disait Thomas Jefferson. Ce n'est pas un hasard si cette phrase figure en exergue d'un chapitre du livre de Marc Louboutin. Lorsqu'en 2002 commence l’invasion des "Nicolas", comme l'auteur nomme les obsédés d'une sécurité à tout prix, - même si la plupart  des gens ne saisissent pas les "traquenards politiques" que recèle ce mot -, il se souvient que dans une autre existence, il a été  Officier de Police. Durant 17 longues années, presque une moitié de vie. A Paris, Chambéry et Quimper. Et qu'il a démissionné, écoeuré de ce "métier de chien" qui fut le sien.

Le livre de Marc, c'est un longue descente aux enfers, parce qu'il n'y a ni héros, ni salaud dans cette histoire : il y a des hommes : des bons, des mauvais, des justes et des menteurs, des ambitieux et des besogneux, des cons et des moins cons, comme dans la vie ; mais dans cette vie-là, tous sont, à un moment donné ou à un autre, amenés à franchir la ligne blanche.  Loin de la rhétorique et des discussions stériles de salon, le voyage que nous propose cet ex-flic, c'est celui de la vérité crue et nue, où l'on y apprend que pour faire respecter la loi,  les policiers sont parfois amenés à la violer, que dire la vérité n'est pas le meilleur moyen de grimper les échelons de la hiérarchie, et que rien ne se passe comme on le croit. Que le mot "sécurité", devenu le credo du pouvoir politique, s'est trouvé perverti par le même pouvoir et qu'à plus ou moins long terme, il reviendra tel un boomerang à la face de ceux qui brandissent cet étendard pour justifier de leurs actions. Le prix à payer, hélas, c'est nous tous qui devront nous en acquitter.

Le style de Marc Louboutin est comme l'homme  : direct, sans concession et forcément "impolitiquement correct". De surcroît, c'est un "vrai" écrivain. Cet homme-là écrit comme il photographie, il flashe chaque scène méticuleusement, balayant de son regard professionnel la "scène du crime", mais au-delà de cette implacabilité, le regard qu'il porte sur son ancienne vie est terriblement humain. Marc s'adresse au lecteur, à un "Nicolas" anonyme, il le tutoie, le rudoie, s'adoucit parfois et finit par dévoiler son quotidien de flic ; page après page, le lecteur est happé par l'odeur de la mort, de la misère humaine ; le lecteur entend le cri des victimes, il touche du doigt la solitude du policier face à ce que les êtres humains sont capables de se faire, et finit avec la nausée d'un monde en marge que la nuit rend encore plus tragique. La rage, le désespoir, l'immense tristesse et l'obligation de tourner les talons, de continuer coûte que coûte, parce que c'est aussi ça le métier de flic : ne pas s'arrêter trop longtemps de peur de ne jamais repartir.

Le long voyage entrepris par Marc, c'est le voyage d'une conscience tel que décrit au verso de son livre : « Pour qu’au-delà du mot  "Sécurité", ce "Nicolas-là" comprenne enfin ce que le travail de policier peut signifier. En terme d’horreurs, de violences, de reniements de soi, de l’éducation et de toutes les valeurs sociétales. De l’arrestation d’une balle en pleine tête d’un "ennemi" public à la fréquentation quotidienne de dealers d’une mort opiacée, passant par-dessus les cadavres, des plus communs aux plus immondes, Nicolas va apprendre. Avec réticence, dégoût, fascination ou stupéfaction. Que les héros de la sécurité en sont aussi les victimes. Il va lui aussi connaître les nuits blanches d’avoir entendu se répéter "l’explosion cristalline" : le signe qu’une barrière s’est brisée en lui et qu’il ne pourra jamais revenir en arrière. Il va se noyer d’illusions puis se perdre, tabasser et prendre des coups, boire jusqu’à la lie et se purger de tous ses vices avant de déserter. Il saura à la fin de l’histoire que le métier de flic peut aussi rendre fou. » Marc qui écrit : « (...) Ce livre est mon dernier acte de police, le compte rendu de la moitié d'une vie dédiée à la sécurité quotidienne. (...) Il est la preuve que je n'ai pas déserté. » Et on le croit volontiers.

Lorsque Frankie a refermé la dernière page de "Métier de chien", elle avait comme un sale goût dans la bouche. De ce voyage-là, elle n'en est pas revenue intacte et n'a qu'un conseil  : précipitez-vous pour l'acheter. 18 euros pour prix de la vérité, ce n'est pas cher payé ! Car, en ces temps où il ne fait pas bon être du mauvais côté, Marc Louboutin n'est pas relayé par la presse nationale.  A la Fnac, il faut chercher son bouquin et il est peu probable que l'auteur soit invité dans une émission à une heure de grande écoute. Guy Birenbaum, son éditeur, s'est fait remercier des Editions Privé quatre jours après l'élection présidentielle. Hasard, coïncidence, peu importe ! En revanche, ce qu'il est important de souligner, c'est ce que le mot "sécurité" finit par générer : "la suppression de la liberté de parole". En clair : LA CENSURE. Alors, le moins que Frankie pouvait faire, c'est relayer l'info : blogs, sites, amis, relations, et demander à tous ses lecteurs de faire en sorte que ce livre vive dans tous les sens du terme. Ce livre est un ouvrage courageux et les hommes de combats doivent pouvoir se faire entendre par tous. N'était-ce pas ce que disait Voltaire à Rousseau : « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que vous puissiez continuer à le dire. »

Si vous n'êtes toujours pas convaincu, lisez ce qui suit et qui donne un éclairage de l'intérieur : c'est André Guéguen, Brigadier Chef à la retraite, qui écrit à Marc Louboutin.

« J'ai lu ton livre d'une traite, sentant grandir au fil de la lecture un malaise qui n'a pas encore complètement disparu, causé certainement moins par le contenu que par le fait que je découvrais que tous ceux qui ont vécu des expériences similaires les gardaient par devers eux, sans en parler à quiconque, accumulant ainsi la souffrance. Tout cela m'est revenu, mes propres erreurs, mes excès, la descente aux enfers, ces franchissements continuels de légalité, la violence et cette espèce de folie qui nous place entre d'un côté les impératifs de tranquillité administrative de nos patrons et le besoin d'action né du désir de servir, de tout simplement faire ce pour quoi l'on estime être payés, par nos concitoyens et pour eux. Tout cela avec la compassion, l'amour de ceux qui souffrent, la haine quelquefois des auteurs d'infraction(s) et ce besoin inexplicable de "fun" : La chasse, l'adrénaline, la peur, la "gagne"...
Je n'avais pas vomi de bile depuis mon départ à la retraite, que j'ai pris comme une fuite, c'est fait depuis que ton livre a fait remonter mes propres souvenirs, mes regrets, mes désillusions, mes souffrances et mes combats perdus d'avance contre une hiérarchie souvent incompétente et malhonnête dont je n'aurais jamais imaginé qu'elle puisse "bidonner" un dossier pour me faire tomber, sans doute lasse d'attendre que je trébuche tout seul.
Pour avoir vécu des situations similaires je sais que tout ce que contient ton livre est vrai, qu'on pourrait même en rajouter à l'envie, que beaucoup de flics vont s'y reconnaitre , j'espère se sentir moins seuls et moins sales et se dire l'inverse que je que je me suis dit en partant : que ma vie professionnelle n'avait servi à rien ni personne et que tout cela avait été vain, que nos enfants vivraient dans un monde encore plus dégueulasse que celui dans lequel nous étions nés.
Reste le dégoût, des politiques, des institutions, des gens qui agissent au nom de la légalité ou de la République avec toute la latitude permise à ceux qui n'ont jamais à rendre compte à titre personnel de leurs décisions.
Tout le contraire des flics de base. Ceux qui travaillent dans la rue. Ceux qui font au quotidien un "Métier de chien"... »

Frankie souhaite longue vie à ce livre et à tous les autres qui viendront après, car au-delà du propos, un auteur est né.

 

"Métier de chien, lettres à Nicolas" paru aux Editions Privé

Pour visiter le blog de Marc Louboutin consacré à son livre et sur lequel vous pourrez poser des questions et dialoguer avec l'auteur, cliquez ici

 
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