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12/03/2007

Frankie au coeur de Paris

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Dès que le soleil repointe son nez, que l'air se fait plus chaud, prémices d'un printemps annoncé, les Parisiens s'élancent dans la capitale comme à l'assaut d'une citadelle oubliée. Absorbés par le quotidien, nous finissons par ne plus voir cette ville, "notre" ville ; certes, nous la connaissons, mais beaucoup d'entre nous ignorent, par exemple, que le passage le plus étroit est "le passage de la Duée", que la rue la plus étroite est la "rue du Chat qui pêche", que la rue la plus courte est la "rue des Degrés", que la plus longue est la "rue de Vaugirard", que l'avenue la plus large est "l'avenue Foch" et que la longueur du "boulevard des Maréchaux" est de 33,7 km. Qu'au temps de Louis XIV, les rues étaient au nombre de 853 et que l'on en dénombre aujourd'hui plus de 5400.

Saviez-vous que jusque sous le règne de Louis XVI, le tracé des rues de Paris était calqué sur d'anciens sentiers ou d'anciens chemins. C'est à cette époque que l'on décida d'ouvrir des rues en les perçant au travers des terrains privés. Le premier pavage fut décidé sous Philippe Auguste. Les rues d'autrefois étaient sombres, boueuses avec un caniveau unique placé en son milieu. A la place des trottoirs, il y avait des bornes latérales servant de protection aux piétons. Il faudra attendre 1805 pour voir les bornes remplacées par les trottoirs et le caniveau central supprimé. Le nom des rues n'était pas affiché. Les premières plaques seront posées en 1728 et la numérotation des maisons verra le jour en 1806. Les rues de Paris étaient alors érigées d'enseignes : on habitait ainsi la medium_magasin-boutique-enseigne-insolite-huy-830650.jpgGrosse Bouteille (Impasse de la Grosse Bouteille dans le 18e). C'est ainsi que de nos jours, de nombreuses rues ont gardé ces noms évocateurs comme la rue de Venise, la rue du Coq Héron, la rue des Oiseaux, la rue Plat d'Etain, la rue de la Perle, et bien d'autres encore. Sous Philippe le Bel, Paris, la nuit venue, n'avait que trois sources de lumière "le Grand Châtelet", "la Tour de Nesle" et le "Cimetière des Innocents". C'est en 1662, que l'abbé Careffe fit adopter un éclairage mobile. Des porteurs, munis de flambeaux de cire ou de lanternes à huile, accompagnaient les passants. En 1791, Lebon inventa le gaz d'éclairage et c'est en 1829 qu'eut lieu le premier éclairage d'une voie publique.

A la place de la rue des Innocents (1er), et du square du même nom, s'élevaient le cimetière et l'église des Saints Innocents au Xe siècle : plus de deux millions de parisiens y furent enterrés. En 1786, on transféra les ossements à la Tombe Issoire, baptisée alors Catacombes. On raconte que lors du terrible siège de Paris par Henri de Navarre (futur Henri IV) en 1590, les Parisiens fabriquèrent une farine à pain avec les débris humains. La fontaine, elle, date de 1550 et se trouvait rue Saint Denis, mais lors de la suppression du cimetière, elle fut transportée à sa place actuelle où se trouve aujourd'hui le Forum des Halles. Face au n° 11 rue de la Ferronnerie, il y a une plaque encastrée dans la chaussée : elle porte trois fleurs de lys. C'est à cet endroit que, le 14 mai 1610, le carrosse d'Henri IV fut immobilisé et que Ravaillac blessa mortellement le roi. Au n° 17 de la rue Hérold se trouve l'emplacement de l'hôtel où Charlotte Corday (1768/1793) descendit le 11 juillet 1793, lorsqu'elle vint à Paris pour y assassiner Marat. La rue de l'Echelle tire son nom de l'échelle dressée en ce lieu avant la révolution. La justice de l'évêque y envoyait, pour être exposés au public, les maris infidèles, les parjures et les profanateurs.

Le passage des Panoramas (2e) tient son nom des vues peintes de l'américain Fulton, qui procuraient aux spectateurs du début du XIXe siècle l'illusion de visiter Londres ou Athènes. La rue Vide-Gousset doit son nom aux vols qui s'y commettaient. La rue du Croissant date de 1612 et tient son nom à une enseigne. C'est à l'angle de cette rue avec celle de la rue Montmartre, au café du Croissant que fut assassiné Jean Jaurès, le 31 juillet 1914. Le nom de la rue Beauregard vient de la vue qu'avaient jadis les habitants tant sur la capitale que sur la campagne. Jusqu'en 1667, à l'emplacement de la rue Damiette, se trouvait la cour des Miracles. Ce nom proviendrait des miracles qui se déroulaient tous les soirs lorsque les mendiants estropiés retrouvaient soudain l'usage de leurs membres ou de leurs sens. Ce clan avait ses lois, son langage et son roi : François 1er le Ragot (nom qui donnera naissance au mot argot.)

Dans le 3e, la rue des Vertus doit paradoxalement son nom aux filles de joies qui la fréquentaient en 1546. Si vous vous engagez dans la rue de Montmorency, arrêtez-vous au numéro 51 : c'est là que vivait Nicolas Flamel (1330-1418), écrivain, juré de l'université. D'aprèsle mime.jpg ses étudiants, Flamel aurait possédé la pierre philosophale et c'est ici qu'il transformait le plomb en or. La place de la République, ancienne place du Château d'eau, s'est formée de 1856 à 1865 sur l'emplacement d'un bastion de l'enceinte supprimée sous Louis XIV. En 1883, la place fut dotée d'un monument de la République par Moricet. Ces travaux entraînèrent la destruction de la partie la plus animée du boulevard du Temple alors nommé "boulevard du Crime" du fait de la représentation dans ses théâtres de mélodrames, à l'image du Théâtre des Funambules qui accueillait le mime Deburau sous la Restauration (immortalisé dans le splendide film de Carné "Les Enfants du paradis").

Si vous vous trouvez rue du Petit Musc (4e) sachez que son nom vient d'une déformation de "pute y musse" soit "la pute qui y flâne", ce qui laisse à penser que cette rue, qui existait déjà en 1358, était alors un "val d'amour" à proximité du port Saint-Paul. Lorsque vous empruntez l'impasse Guéménée, vous empruntez le "cul de sac du ha ! ha !" en raison du marché aux chevaux qui était installé sur l'emplacement du palais des Tournelles.

Si vous vous arrêtez un instant au "Square Saint Jacques", vous êtes dans ce qui fut le premier square de la capitale. Inspiré de ceux que l'on pouvait voir à Londres, le mot square vient néanmoins du vieux français "esquarre". La rue du Figuier existe depuis le XIIIe siècle et se nomme ainsi à cause d'un figuier qui se trouvait au milieu du petit carrefour situé devant l'Hôtel de Sens. C'est la reine Margot qui le fit enlever, car il gênait les manœuvres de son carrosse.

La rue Saint-Martin (4e) est, avec la rue Saint Jacques, la rue la plus ancienne de Paris : c'était la piste qui allait de Lutèce aux régions du Nord. Elle tient son nom depuis le XIe siècle.

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Le pont Neuf (6e), contrairement à son nom, est le plus ancien de Paris. Terminé en 1607, ce premier pont de pierre sans maison, ouvrit un nouveau mode de relation entre la cité et son fleuve. La rue du Regard (ex Petit Chemin Herbu) porte son nom actuel depuis 1667, en raison d'un regard adossé à une fontaine qui se trouve aujourd'hui sur la fontaine de Médicis au jardin du Luxembourg. Le nom de la rue des Quatre Vents date du XVIIe siècle et lui vient d'une enseigne qui représentait des têtes d'amour soufflant vers les quatre points cardinaux.

L'origine de la rue du Bac (7e) remonte à mai 1564 : pour transporter les blocs de pierre venant des carrières de Vaugirard et destinés à la construction des Tuileries, il fut nécessaire de mettre un bac permettant la traversée de la Seine.

medium_mysteres_de_paris.pngL'avenue Montaigne (8e) tire son nom du célèbre écrivain-humaniste et, cependant, elle fut appelée "l'Allée des veuves de triste réputation", surnom qui lui venait de ce que l'on pouvait rencontrer des personnes solitaires en quête d'aventures galantes. Cette avenue, mondialement connue aujourd'hui pour son luxe, était alors une allée fréquentée par des voleurs et des sans domicile fixes, tels que les décrit Eugène Sue dans "Les Mystères de Paris".

La rue Bleue (9e) date de 1714, mais son nom d'alors était la rue d'Enfer par opposition à la rue du Paradis qui la prolongeait. C'est à la demande de ses habitants, en 1789, qu'elle fut rebaptisée de son nom actuel.

Et enfin la rue Dupleix (15e) qui, au XVe siècle, n'était qu'un chemin de terre de la plaine maraîchère de Grenelle conduisant au château de Grenelle. Sous la Révolution, ce château abritait une fabrique de poudre. A la suite d'un accident, il explosera en 1794.

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Carrosses et chevaux traversant notre bonne ville ; quartiers huppés transformés en coupe-gorges ; bacs remontant la seine ; des ponts avec des maisons ; des hommes, flambeaux en main, chargés d'accompagner les parisiens. Et puis, les premiers réverbères, les premiers omnibus du XIXe , la brique, le zinc, le verre, le fer et enfin le béton remplaçant la pierre de taille, le calcaire grossier et le gypse ou le plâtre, l'essentiel de l'architecture d'alors. Le café Procope qui attirait les beaux esprits et offrait une nouvelle boisson venue d'Orient, le kahwa (café) stimulante pour l'esprit. Voltaire, Rousseau, Marat, Danton, et puis Bonaparte, Desmoulins, Robespierre, Talleyrand et encore Musset, George Sand, Gambetta, Verlaine et Mallarmé : tous l'ont fréquenté à un moment ou à un autre. Le café de Flore transformé en salon littéraire grâce à Sartre et Simone de Beauvoir. Les caves de Saint Germain résonnant de la trompette de Boris Vian et de "Liberté ! Liberté !" chantée par Juliette Gréco.

Paris n'en finit pas de faire rêver les gens du monde entier, mais ne fait plus rêver les Parisiens eux-mêmes. Il y a ceux qui donneraient tout pour y venir et ceux qui ne rêvent que de quitter cette citadelle anémiée. Les auteurs maudits vinrent y trouver refuge se contemplant dans le miroir aux alouettes que leur tendait la capitale. Beaucoup y sont morts : excès de rêves, ou désenchantement fatal ?

Paris a, peu à peu, grignoté la part d'insolence qui nous rendait si talentueux. Il flotte comme un air mélancolique sur Paris.

Du coup, Frankie, nostalgique, a refermé sa fenêtre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

Et la rue Lemarque, hein où qu'elle est la rue la rue d'la chanson.

A Paris
Quand un amour fleurit
Ça fait pendant des semaines
Deux cœurs qui se sourient
Tout ça parce qu'ils s'aiment
A Paris

Au printemps
Sur les toits les girouettes
Tournent et font les coquettes
Avec le premier vent
Qui passe indifférent
Nonchalant

Car le vent
Quand il vient à Paris
N'a plus qu'un seul souci
C'est d'aller musarder
Dans tous les beaux quartiers
De Paris

Le soleil
Qui est son vieux copain
Est aussi de la fête
Et comme deux collégiens
Ils s'en vont en goguette
Dans Paris

Et la main dans la main
Ils vont sans se frapper
Regardant en chemin
Si Paris a changé

Y a toujours
Des taxis en maraude
Qui vous chargent en fraude
Avant le stationnement
Où y a encore l'agent
Des taxis

Au café
On voit n'importe qui
Qui boit n'importe quoi
Qui parle avec ses mains
Qu'est là depuis le matin
Au café

Y a la Seine
A n'importe quelle heure
Elle a ses visiteurs
Qui la regardent dans les yeux
Ce sont ses amoureux
A la Seine

Et y a ceux
Ceux qui ont fait leur nid
Près du lit de la Seine
Et qui se lavent à midi
Tous les jours de la semaine
Dans la Seine

Et les autres
Ceux qui en ont assez
Parce qu'ils en ont vu de trop
Et qui veulent oublier
Alors y se jettent à l'eau
Mais la Seine

Elle préfère
Voir les jolis bateaux
Se promener sur elle
Et au fil de son eau
Jouer aux caravelles
Sur la Seine

Les ennuis
Y'en a pas qu'à Paris
Y'en a dans le monde entier
Oui mais dans le monde entier
Y a pas partout Paris
V'là l'ennui

A Paris
Au quatorze juillet
A la lueur des lampions
On danse sans arrêt
Au son de l'accordéon
Dans les rues

Depuis qu'à Paris
On a pris la Bastille
Dans tous les faubourgs
Et à chaque carrefour
Il y a des gars
Et il y a des filles
Qui sur les pavés
Sans arrêt nuit et jour
Font des tours et des tours
A Paris

Écrit par : martingrall | 12/03/2007

Et puis Frankie, Paris sera toujours Paris et un pari pour les autres.

Écrit par : martingrall | 12/03/2007

Paris se regarde briller
Dans le miroir glacé
De la Seine tranquille
Paris se regarde grandir
Dans les yeux d'un enfant
Dans son premier sourire
Paris regarde s'éveiller
Ses maisons qui s'allument
Au matin une à une
Paris se regarde flâner
Dans le monde inventé
Par le cœur des poètes

A la ville comme à la Seine
Paris s'habille de poèmes

Paris qui s'écoute chanter
S'émerveille toujours
D'une chanson d'amour
Paris Monsieur de la Palisse
Dirait que chaque année
Il a un an de plus
Paris quand il se voit posé
A cheval sur la Seine
Pense qu'il a eu d'la veine
D'avoir grandi tout doucement
Autour de Notre-Dame
Qui lui prête son âme

En chantant un jour de gloire
Paris a changé son histoire

Paris qui s'est mis en colère
A fait trembler la terre
Par la voix de gavroche
Paris qui n'a pas oublié
Se souvient de tous ceux
Qui lui ont tout donné
Paris même s'il a pris du ventre
A gardé sa jeunesse
II en a à revendre
Paris se retrouve partout
Et les gens de partout
Se retrouvent à Paris

Et Paris qui adore les chansons
Fait chanter tous ses accordéons

Écrit par : frankie | 12/03/2007

On ne saura jamais
Si c'est en plein jour
Ou c'est la nuit
Que naquît
Dans l'île Saint-Louis
L'ange ou bien le démon
Qui n'a pas de nom
Et que l'on appelle
Aujourd'hui
L'Air de Paris
Peut-être est-il venu
Au coin d'une rue
Comme un enfant perdu
L'Air de Paris
Ou là-haut dans le ciel
Passant d'un coup d'aile
Est-il descendu
Jusqu'à nous
L'Air de Paris

Toi tu es arrivée
Deux mille ans après
Moi je t'ai trouvée
Simplement
Sans te chercher
Devant un café crème
Dans le matin blême
Je t'ai dit je t'aime
Souviens-toi
Nous étions là
Deux ombres que la vie
Avait réunies
En plein cœur de Paris
Tout endormi
On s'est aimé d'amour
Et depuis ce jour
Tout notre passé
S'est changé
En avenir

On ne saura jamais
Si c'est en plein jour
Ou c'est la nuit
Que naquît
L'Air de Paris
On ne saura jamais
Si le même jour
L'Amour vit le jour
Avec lui
Dans l'île Saint-Louis
On ne saura jamais
Si l'Air de Paris
Porte en lui tout l'amour
Du monde entier
Puisqu'il nous l'a donné
A quoi bon chercher
A quoi bon savoir
Ce que l'on ne saura jamais

On ne le saura jamais...

Et pour ceux qui l'ignorent, ces trois textes ont été écrits par un type extra : Francis Lemarque

Écrit par : frankie | 12/03/2007

FRANKIE! mais qui peut ignorer Francis Lemarque à Paris. Sau, bien sur, les rues construites bien avant lui. Toutes les rues ont une histoire, qui a te temps de s'en souvenir. Peut-être le jour où les voitures auront cessé, et la rue rendue au promeneur d'amour, lui fera le coeur de nostalgie.

Écrit par : martingrall | 12/03/2007

Si Paris n'était pas Paris, jamais j'y serai venue en vacances .... elles durent depuis 10 ans maintenant ....
Quant aux voitures dans les rues de Paris, merci de m'avoir amenée jusqu'ici ! La ville sans voiture est une campagne sans arbre ...
"comme un arbre dans la ville ..."

Écrit par : bb | 13/03/2007

Paris la grande dame, quelle joie d'y etre passé a un beau moment de ma vie, de superbes rencontres pleines d'amitiés et de souvenirs inoubliables. mon coeur ne l'oublira jamais
tu as su me replonger dans cette ville qui restera encré en moi à jamais

a très bientot frankie

et n'oublions pas nos reves

Jack

Écrit par : Jack | 25/03/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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